Prévention du risque auditif dans les orchestres britanniques

M. Warne Holland Médecine des Arts, 2008, n°64-65, p.15-18

L’auteur, qui a été directeur de plusieurs orchestres britanniques rapporte les dispositifs mis en place au fil du temps pour protéger les musiciens les plus à risque, et notamment pour se conformer aux normes de niveaux sonores autorisés par la législation européenne.
Des actions de formation sont menées au sein de "groupes bruit" constitués des musiciens de l’orchestre, des membres de la direction et idéalement du chef d’orchestre. Parallèlement, les musiciens ont bénéficié de mesures audiométriques et de conseils mais qui sont restés confidentiels.
Les méthodes les plus utilisées par les orchestres sont les protections individuelles financées par la direction (mais les musiciens refusent souvent de les porter) et les écrans pare-sons (souvent controversés, car accroissant l’exposition sonore à la fois pour le musicien qui se trouve devant le pare-son et pour celui qui est derrière).
D’autres méthodes sont préconisées :

  • la variation de la disposition de l’orchestre pour que des sections différentes soient exposées au son le plus fort à des moments différents et pour des répertoires différents mais aussi la disposition des cuivres en ligne plutôt qu’en bloc ou le placement de la section des bois non au centre mais à gauche du chef d’orchestre,
  • l’utilisation d’estrades avec les percussions et les timbales aussi haut que possible,
  • l’espacement entre les différents départements bruyants,
  • l’utilisation d’écrans sur les dossiers de chaise, ces dernières étant équipées de housses absorbantes,
  • l’équilibre des niveaux sonores (avec un répertoire dont le niveau sonore est moins élevé dans la première partie du concert),
  • le choix des instruments (instruments plus petits et moins bruyants, trombones à perce plus petite) en accord avec les musiciens mais "en réalité, ces derniers commencent maintenant à faire leur propre choix pour les bonnes raisons".
(publié le 7 avril 2010)