Protections souples contre les blessures de lèvres chez les instrumentistes à anche

Médecine des Arts, 2014, n°77, pp.50-56. Bibliographie
Les musiciens après un long temps de jeu d’un instrument de musique à anche, simple ou double souffrent de gênes, de douleurs ou de blessures de la muqueuse labiale. Les débutants présentent plus de gênes et de douleurs que les musiciens expérimentés.
Il existe des protège-dents susceptibles d’apporter du confort.
L’étude avait pour objectif de tester lors des répétitions et des concerts, des gouttières souples appelées aussi protections intrabuccales afin de déterminer selon les instrumentistes, les caractéristiques d’un protège-dents idéal.
Les protections testées par 17 musiciens étaient en EVA (abréviation de l’anglais ethylene vinyl acetate) et la comparaison se faisait entre des gouttières de deux épaisseurs différentes (1,5 mm ou 3 mm) et des gouttières recouvrant les quatre incisives et les quatre canines ou seulement les quatre incisives, toutes découpées le long des collets des dents de la mâchoire inférieure.
Le port d’une gouttière a permis d’éliminer la gêne créée par la pression du bec sur les lèvres et aucun trouble n’est apparu lors d’une pratique de longue durée.
Les deux tiers des musiciens testés préfèrent les gouttières fines, réalisées à partir d’une plaque thermoformée de 1,5 mm d’épaisseur. L’adaptation en bouche est immédiate, la rétention est très bonne et le jeu ne s’en trouve pas modifié. Il n’a pas été relevé de différence entre les gouttières quatre dents ou six dents. Tous les participants qui utilisaient du papier à cigarette l’ont abandonné au profit de la gouttière.
Un tiers des musiciens préfère les gouttières plus épaisses mais à condition qu’elles descendent d’environ 2 mm sur la gencive car il ne faut pas qu’elles gênent la langue, ce qui est le cas lorsqu’elles s’arrêtent au collet.
Quatre musiciens ne ressentent pas le besoin de les porter à chaque fois ; ils les réservent aux périodes de concours ou de représentation, où le jeu est plus intense.
(publié le 8 janvier 2015)