Troubles musculo-squelettiques en relation avec la pratique du piano, les techniques de jeu et les stratégies de pratique.

F. Ceugniet Médecine des Arts, n°79, pp. 43-47. Bibliographie.
Cet article est la synthèse de la thèse universitaire de Lili Allsop, Université d’Australie qui est la première étude statistique sur les relations entre les différentes pratiques du piano, les techniques de jeu et le risque de survenue de troubles musculo-squelettiques induits par le jeu pianistique.
Une enquête a été menée en Australie, par auto-questionnaire administré à 580 sujets âgés de 12 à 89 ans ; 505 ont répondu.
La fréquence des troubles musculo-squelettiques induits par le piano (TMSp) est importante (40 à 80% des pianistes selon les études et 64% de pianistes en arrêt au moment de la passation du test dans ce travail).
Ces TMSp sont en lien "avec une inadéquation entre la demande et la réponse possible, soit du fait d’une surcharge en temps ou en intensité, soit du fait d’une inadaptation de la technique aux possibilités physiques du musicien."
Les localisations concernent essentiellement les mains et les poignets mais également le coude, l’épaule et le dos.
Les symptômes sont variés (douleurs, enraidissement, congestion des tendons ou des articulations, compressions nerveuses, faiblesse musculaire, paresthésies, névralgies).
La survenue de ces TMSp ne suscite une aide de la part du patient que dans 44% des cas, et le plus souvent auprès d’un kinésithérapeute ou de l’enseignant.
Les facteurs principaux liés à la survenue de ces TMSp sont le temps de la pratique quotidienne, le nombre d’années de pratique hebdomadaire, le niveau atteint, mais aussi le type de pratique (les professionnels souffrant plus que les non-professionnels et les enseignants plus que les amateurs). L’origine en est souvent multifactorielle.
La prise en charge de ces TMSp nécessite une approche transdisciplinaire mais aussi une prévention basée sur l’étude de la biomécanique des membres supérieurs et le respect des techniques d’échauffement, de récupération active ou de relaxation.
(publié le 18 mars 2013)