Cracheur de feu
Quels sont les risques pulmonaires et quel suivi médical mettre en place ?

J. Passeron (réponse à la question d’un lecteur) Références en Santé au Travail, 2018, n°155, pp. 128-129. Bibliographie

Les cracheurs de feu utilisent des hydrocarbures (comme le kerdane) et de l’huile de paraffine qui sont toxiques en cas d’ingestion accidentelle. Ces produits liquides peuvent passer dans les voies respiratoires lors d’une régurgitation et engendrer des pneumopathies dites "d’aspiration" ou pneumopathies lipoïdiques qui se manifestent :

  • sur le plan clinique par hyperthermie, douleurs thoraciques, dyspnée, toux sèche ;
  • sur le plan biologique par un syndrome inflammatoire (polynucléose neutrophile, élévation de la CRP) ;
  • sur le plan radiologique par des opacités alvéolaires basales bilatérales, parfois associées à une pleurésie se compliquant d’un pneumatocèle et éventuellement d’une fibrose ;
  • sur le plan fonctionnel par des troubles ventilatoires et restrictifs.

L’évolution est habituellement favorable en 10 jours.
A 3 mois, dans 1/3 des cas, persistent dyspnée et douleurs thoraciques.
La normalisation est la règle à 6 mois, tant sur les plan radiologique, clinique que fonctionnel.

S’y ajoute le risque de brûlure.

La prévention repose sur :

  • l’information et la formation des artistes sur les risques potentiels, et sur le caractère cancérogène-mutagène-toxique pour la reproduction des substances utilisées),
  • des mesures de prévention technique et organisationnelle (dispositif d’extinction à proximité, distance de sécurité avec le public).

En cas d’ingestion de liquide : recours au SAMU pour avis.

La surveillance médicale repose sur une visite d’information et de prévention et un suivi médical (comprenant une épreuve fonctionnelle respiratoire), à l’appréciation du médecin du travail.

(publié le 31 octobre 2018)