La rhizarthrose et la pratique du piano

M. Boutan, G. Stierlen Médecine des Arts, n°82, pp. 44-49. Bibliographie

La rhizarthrose est une affection dégénérative de l’articulation trapézométacarpienne.
Cette pathologie invalidante évoluera sur 5 à 10 ans avant de se fixer. La douleur peut être lancinante lors de certains mouvements et entraîner une amyotrophie des muscles thénariens par abandon de la fonction du pouce.
Les formes évoluées se caractérisent par une déformation caractéristique du pouce en z. Le patient se plaint d’une perte de force de la pince, d’une diminution de la mobilité gênante dans la tentative d’écartement du pouce, d’une maladresse et de l’impossibilité à réaliser certains mouvements.
La radiologie met en évidence l’importance et la sévérité des lésions arthrosiques.
Le traitement médical est efficace dans les 3/4 des cas : antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens, antiarthrosiques, infiltrations intra-articulaires de corticoïde ou d’acide hyaluronique.
L’utilisation d’orthèse de repos fait consensus, permettant un relâchement musculaire, une diminution des contraintes articulaires et une stabilisation de l’articulation.
La place de la rééducation est controversée.
La chirurgie ne s’adresse qu’aux stades avancés et en cas d’impotence douloureuse.

Le passage du pouce représente une gestuelle spécifique du pianiste et est source de tension au niveau du pouce, d’instabilité et de douleur.
Le pouce agit en percussion ; il doit être à la fois puisant, mobile et stable.
Si la rhizarthrose est très fréquente dans la population générale, les musiciens ne sont pas plus impactés, même avec l’âge.

(publié le 2 juin 2017)