Risque chimique et aides à domicile

M. Didierjean Références en Santé au Travail, 2015, n°143, pp.23-32. Bibliographie et annexes
Les aides à domicile consacrent 60% de leur temps de travail au ménage, ce qui les expose aux produits d’entretien choisis et achetés par les clients et leur famille, ce qui représente une multitude de mélanges, susceptibles d’être irritants, sensibilisants, corrosifs ou allergisants. Ces aides à domicile sont donc à risque de développer diverses pathologies telles que dermatite d’irritation, allergie respiratoire et/ou cutanée, syndrome de Brooks.
Afin de connaître les conditions d’exposition et la perception des salariés face à ce risque chimique, une infirmière de santé au travail a réalisé une étude comprenant une étude de poste et un questionnaire distribué à l’ensemble des salariés d’une association d’aides à domicile (soit 16 personnes).
L’étude de poste a permis de constater que sur une vacation de 6h30, l’assistante de vie à domicile a pris en charge 5 clients différents et que pour 3 d’entre-eux, elle a utilisé des produits déclenchant systématiquement chez elle des manifestations respiratoires et qu’elle ne portait pas toujours des gants de protection.
L’objectif du questionnaire était de connaître le public concerné (aspect sociologique), d’évaluer le degré de connaissance des aides à domicile sur le risque chimique, de connaître leur comportement face à ce risque et d’évaluer les effets sur leur santé.
Il apparaît que ce risque est très variable d’une situation à l’autre et qu’il est très difficile à évaluer par les clients.
C’est dans cette optique qu’ont été établies une liste de produits, matériels de nettoyage et EPI à éviter, une liste de produits et de matériels ayant le moins d’effets néfastes sur la santé et qui pourraient être suggérés aux bénéficiaires. Ces listes auront d’autant plus de chances d’être acceptées par les clients qu’elles auront été proposées au début de la prise en charge par l’organisme d’aide à domicile.
Ces outils ont été proposés aux aides à domicile lors de séances de sensibilisation animées par les infirmières et suivies par un temps d’échange qui leur a permis de prendre conscience de leurs pratiques et de réajuster leur comportement. Depuis leur mise en place en janvier 2014, le nombre de plaintes des aides à domicile a diminué.
(publié le 5 novembre 2015)