Aide et soins à domicile :
penser à l’autre, penser à soi

Dossier coordonné par C. Gayet Hygiène et Sécurité du Travail, 2016, n°243, pp. 25-46. Bibliographie
L’emploi et le soin à domicile emploient deux millions de salariés en France dans le cadre d’un emploi direct ou via un prestataire (associations, organismes publics, entreprises) mais qui ont tous la particularité de se retrouver seul au domicile de la personne aidée.
Ces salariés sont non seulement soumis à des contraintes physiques, mais aussi à des exigences émotionnelles fortes face à la détresse physique et psychologique de certaines personnes.
Ces métiers génèrent un nombre élevé d’accidents du travail et de maladies professionnelles dont des TMS essentiellement.
Difficile de mettre en place des mesures de prévention dans des lieux de travail disséminés dans au moins 2 millions de lieux de travail différents.
Il existe certes des dispositifs tels que les partenaires relais de prévention qui vont à domicile évaluer les risques et sensibiliser les bénéficiaires aidants ou aidés (les ergothérapeutes peuvent par exemple proposer des aides techniques soulageant le personnel de soins comme la personne à domicile).
Des formations sont aussi proposées aux intervenants à domicile et des dispositifs pédagogiques adaptés aux futurs entrants dans la profession existent ainsi que des programmes "Aidants-aidés", qui bénéficient à tous.
De nombreux témoignages et expériences étrangères (Canada) sont développées dans ce dossier.
L’activité des aidants est à la fois technique et relationnelle. A l’exigence d’une grand professionnalisme, les aidants doivent mobiliser des compétences émotionnelles. Cela suppose d’exprimer les émotions positives mais de dissimuler les émotions négatives. La dimension affective du travail des soignants n’est pas suffisamment reconnue. Il conviendrait de la prendre en compte et de la valoriser, ce qui contribuerait à faire diminuer les risques psychosociaux dans ce secteur et à le rendre plus attractif.
(publié le 24 novembre 2016)