Antibiorésistance et conséquences en santé au travail pour les soignants

R. Vincent, C. Le Bâcle Références en Santé au Travail, 2015, n°142, pp.21-34. Bibliographie
Le développement de l’antibiorésistance en milieu hospitalier peut avoir des conséquences graves pour les soignants exposés.
Une vingtaine de cas d’infections à bactéries multirésistantes (essentiellement des staphylocoques dorés résistants à la méticilline) chez les soignants est rapporté dans la littérature internationale. Mais existe aussi le risque de la transmission des bactéries multirésistances (BMR) des soignants vers les patients.
En France, les cas d’infections bactériennes ou virales reconnues en maladie professionnelle chez les soignants sont rares (environ 12 cas par an), mais la notion d’antibiorésistance n’est pas prise en compte dans le processus de réparation. Le réseau RNV3P a permis d’identifier cinq cas entre 2001 et 2012, tous issus du secteur hospitalier.
Concernant cette problématique, il n’existe en France aucun consensus sur les recommandations concernant la prévention des infections à BMR chez les soignants dans le cadre du travail.
Néanmoins, Le haut conseil de la santé publique (HCSP) a publié des recommandations dans le cadre de la maîtrise de la diffusion de la résistance par transmission croisée de type contact avec trois niveaux croissants de recommandations.
Reste la pertinence d’un dépistage systématique chez les soignants. Les avis sur le sujet sont partagés au niveau des recommandations internationales et certains pays comme les Pays-bas proposent assez largement un dépistage du personnel. En France, la réalisation d’un dépistage systématique de BMR chez les soignants n’est pas recommandée ; néanmoins, un dépistage orienté sera possible dans des cas bien précis.
(publié le 4 septembre 2015)