Burn out des médecins : la fin d’un tabou

H. de Saint Roman, D. Chardon Le Quotidien du Médecin, 2014, n°9319, pp.1-3
Trop de médecins libéraux négligent leur propre santé par manque de temps ou par refus inconscient de la maladie.
45 médecins se suicident chaque année en France (nombre probablement sous-évalué). Les causes en sont une charge de travail excessive, des patients trop exigeants, un travail administratif envahissant et le sentiment de ne pas être reconnu à sa juste valeur.
Le taux de décès par suicide atteindrait 14% des décès chez les médecins contre 6% dans la population générale. 22% des médecins libéraux ont déclaré avoir eu un "sentiment de burnout" lors d’une enquête réalisée en 2010 dans la région Midi-Pyrénées.
Les priorités ressenties par les médecins sont d’abord "prévenir l’épuisement professionnel ", item placé en tête par 35,5% des médecins de famille, notamment des femmes jeunes ou des praticiens exerçant en groupe, ce qui est plutôt surprenant.
Le ministère du travail a mis en place un groupe de travail sur ce sujet et des lignes téléphonique d’écoute et de soutien ont vu le jour.
L’URPS (Union régionale des professionnels de santé) propose dans chaque département, des réunions de prévention assurées par des médecins spécialistes des risques psychosociaux, dans l’objectif d’aider les praticiens à repérer les signes d’alerte et à trouver des solutions.
Les médecins ont toujours pensé qu’ils maîtrisaient leur propre santé et refusent souvent de se confier à un confrère. Ils pensent trop souvent que leur rôle est de recevoir des doléances, pas d’en émettre.
Trois témoignages de médecins hospitaliers sont rapportés qui témoignent du lourd vécu. L’un d’eux tire la conclusion suivante : " les médecins devraient être considérés comme des travailleurs comme les autres, car la qualité des soins passe aussi par le bien-être au travail".
(publié le 6 mai 2014)