Etude du sommeil et de la vigilance chez 239 médecins à activité de garde nocturne dans le Finistère depuis la mise en place du repos de sécurité

B. Loddé, P-Y. Gourhannic, G. Ferrec, S. Esnault-Lavandier, E. L’Her, J-D. Dewitte Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2010, vol.71, n°4, pp.607-618. Bibliographie.
Une enquête rétrospective, descriptive, transversale, observationnelle et multicentrique a été menée après de médecins cumulant travail de journée et activité de garde, par l’intermédiaire d’un questionnaire.
Sur 320 questionnaires adressés, 241 sont revenus remplis et 239 étaient exploitables (taux de participation de 74,4%).
La semaine de travail est en moyenne de 50 heures plus les gardes (en moyenne 4,7 par mois). La durée moyenne de sommeil lors d’une garde est de 4h 28 minutes. Le nombre de jours de travail augmente avec l’âge mais ce sont les tranches d’âge de moins de 40 ans qui font le plus de gardes.
La tranche d’âge 25-29 ans a une durée de sommeil pendant la garde plus faible par rapport aux tranches d’âge 40-59 ans (plus forte proportion de jeunes chez S0S médecins et les urgentistes).
Ont été retrouvés de façon significative dans cette population, une dette de récupération du sommeil à l’origine d’une fatigue particulièrement marquée le lendemain et le surlendemain d’une garde (chez 85% de la population interrogée), des troubles de vigilance et de surcroit une irritabilité (53%), une nervosité et des difficultés de concentration (47%) .
Contrairement à ce que l’on pensait, les médecins plus âgés ne présentaient pas plus de symptômes délétères après une garde, en dépit de l’apparition de pathologies diverses (essentiellement rhumatologiques et cardiovasculaires) et la prise de médications psychotropes. C’est même le contraire dans cette étude.
Plus de 3/4 des médecins bénéficiant d’un repos de sécurité, estiment que ce repose améliore leur efficacité au travail et une meilleure sécurité des actes auprès de patients.
Selon les auteurs, ce repos n’est probablement pas suffisant et une réflexion quant à une meilleure organisation de la permanence des soins reste donc plus que jamais d’actualité.
(publié le 9 décembre 2010)