Evaluation de l’auto-médication chez les médecins et les étudiants en médecine

A review of self-medication in physicians and medical students A. Montgomery, C. Bradley, A. Rochfort, E. Panagopoulou Occupational Medicine 2011, vol 61, n°7, pages 490-497. Bibliographie.

Il existe une culture au sein du corps médical, selon laquelle les médecins et leurs collègues ne s’attendent pas à être malades. Ainsi, l’association de la complexité de l’auto-diagnostic, l’auto-évaluation et l’auto-traitement chez les médecins est significative et peut avoir des répercussions, à la fois, pour leur propre santé et, implicitement, pour la qualité des soins délivrés à leurs patients. Le but des auteurs est de rassembler toutes les connaissances sur l’auto-médication des médecins et étudiants en médecine. Les bases de données suivantes ont été interrogées : Pub Med, Psych Info, EBSCO, Medline, Bio Med Central et Science Direct. Des critères d’inclusion spécifiques ont été recherchés attestant de l’auto-médication et l’auto-traitement sur les prescriptions médicales, parmi les médecins et/ou les étudiants en médecine. Seules les études empiriques publiées en langue anglaise par leurs pairs entre 1990 et 2009, ont été incluses. Vingt sept études ont été identifiées sur les critères d’inclusion. L’auto-traitement et l’auto-médication étaient significativement retrouvés, à la fois, chez les médecins et les étudiants en médecine. Dans 76 % des enquêtes, l’auto-traitement était supérieur à 50 % (étendue : 12 à 99%). Globalement, un répondant sur 2 a été enregistré comme médecin généraliste ou médecin donnant des premiers soins (moyenne : 56%, étendue de 21 à 96%). Une analyse plus poussée de ces études a montré que les médecins croyaient qu’il était approprié de s’auto-traiter à la fois pour des maladies aiguës ou chroniques et que ceci était une pratique courante dans les professions médicales.

En conclusion, l’auto-traitement est très fortement enraciné dans la culture des médecins et étudiants en médecine et cela améliore leur réputation et leur performance. Les auteurs pensent que ces comportements complexes de soins auto-dirigés peuvent être examinés comme un risque professionnel pour la profession médicale.

(publié le 2 février 2012)