Evaluation des risques biologiques professionnels du technicien de dialyse

O. Pichenot, A. Barbe, S. Thiriet, R. Benhassine, J.J. Dion, J.C. Reveil Hygiènes, 2008, vol.16, n°5, p.407-415. Bibliographie

Afin d’évaluer les risques biologiques auxquels sont exposés les techniciens travaillant dans le service d’hémodialyse d’un centre hospitalier du Nord-Est de la France, effectuant chaque année 15 000 séances de dialyse, un groupe de travail a été constitué. Il a procédé à un inventaire exhaustif des situations à risque d’exposition à des agents biologiques sans prendre en compte les moyens de prévention existants et leur efficacité. Un indice de criticité a été défini en tenant compte de la fréquence d’exposition et de la gravité des dommages potentiels (criticité initiale). Ensuite, l’efficacité des moyens de prévention déjà en place a été prise en compte afin de déterminer les risques résiduels et permettre d’attribuer un niveau de criticité résiduelle. Cette attitude a permis de hiérarchiser les risques identifiés et donc de définir les priorités du plan de maîtrise des risques à mettre en place. Parmi les six classes de risques biologiques définis : contact cutanéo-muqueux, contact aérien, gestion des déchets ménagers, gestion des déchets d’activité de soins à risque infectieux, gestion des déchets toxiques et utilisation d’objets piquants, coupants, tranchants potentiellement contaminés, deux présentaient un niveau de criticité résiduelle acceptable sous contrôle et trois un niveau intolérable. Les circonstances des dangers retrouvés résidaient principalement dans la manipulation des générateurs d’hémodialyse ainsi que divers autres dispositifs médicaux, comme les pousse-seringues électriques ou les respirateurs. Les risques étaient aggravés par le défaut de formation en matière d’hygiène et de connaissance des précautions standard, la non-utilisation ou sous-utilisation des moyens de prévention existants et le manque de protection vaccinale (lorsqu’un vaccin existe). La méthode n’était pas basée sur les données rétrospectives disponibles dans l’établissement (déclaration des accidents du travail, des accidents d’exposition au sang, des évènements indésirables) afin de faire abstraction des éventuelles sous-déclarations. Des actions ont alors été mises en place avec un calendrier prévisionnel et un suivi. Il est prévu « un accompagnement pendant la mise en place des actions de prévention afin de pérenniser la dynamique de gestion des risques professionnels amorcés par ce travail ». Cette étude a priori des risques ne permettant pas d’évaluer le respect des procédures visant à protéger les professionnels sur le terrain, (car bien souvent les actions ou moyens de prévention existent mais ne sont pas appliqués ou utilisés), il serait utile d’effectuer un audit des pratiques et de comparer dans le temps les déclarations d’accidents de travail et de maladies professionnelles.

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(publié le 5 mai 2009)