Exposition aux solvants organiques lors de la pose d’électrodes pour électroencéphalogrammes de longue durée

P. Martin, B. Galland, T. Nicot, J. Klingler, C. Martin, M-C. Vignaud Documents pour le Médecin du Travail, 2011, n°127, pp.397-408. Bibliographie
Les infirmières qui ont en charge la pose et dépose des électrodes pour des électroencéphalogrammes de longue durée utilisent des produits de collage (le collodion) et de décollage (le collodion Remover). Ces produits contiennent en quantités variables, de l’éthanol et de l’oxyde d’éthyle, à l’origine de composés organiques volatils (COV) générateurs chez les opératrices de céphalées.
Dans cette étude, les infirmières posaient les électrodes dans un local unique et le collodion était séché à la soufflette. Elles portaient des protections respiratoires (masques FFP1 jetables imprégnés de charbon actif).
Ont été réalisés des prélèvements classiques sur tubes de manière à déterminer les valeurs moyennes d’exposition et des mesures utilisant des détecteurs de solvants temps réel avec l’outil CAPTIV de manière à faire apparaître la présence de pics de pollution ; l’outil CAPTIV -Centrale d’acquisition de la pollution au travail informée par vidéo- permettant l’étude précise d’un poste de travail et en particulier de corréler le geste professionnel avec le niveau d’exposition.
Les niveaux d’exposition individuelle sont proches de la VME de l’oxyde de diéthyle (100 ppm) et les concentrations en éthanol montrent des valeurs très faibles.
L’analyse du geste professionnel, associé aux pics, montre que l’utilisation de la soufflette est un facteur déterminant de l’existence de ces pics de concentration. Il est à noter que les niveaux d’exposition sont variables d’un essai à l’autre, l’exposition des infirmières étant fortement dépendante de leur position par rapport au jet de la soufflette.
Au total, les niveaux d’exposition évalués justifient une action d’amélioration des conditions de travail, à savoir l’utilisation d’une colle sans solvant qui donne satisfaction après un an d’utilisation, et à défaut l’installation d ’un système d’aspiration contrôlé et l’abandon de la soufflette. Il pourrait être envisagé la fixation des électrodes de manière mécanique par fixation sur un casque à lanière ou un bonnet à électrodes intégrées. Enfin, l’ultime solution consiste à proposer aux infirmières (mais aussi aux patients) des protections respiratoires.
(publié le 6 décembre 2011)