Fumées chirurgicales
Risques et mesures de prévention

U. Eickmann, M. Falcy, I. Fokuhl, M. Rueffer, M. Bloch Documents pour le Médecin du Travail, 2011, n°127, pp.383-395. Bibliographie
Les techniques chirurgicales peu invasives, mettant en œuvre l’action de la chaleur ou des ultrasons, produisent des fumées qui sont un mélange complexe de polluants organiques (en particulier d’hydrocarbures polycycliques aromatiques, d’acide cyanhydrique, d’aldéhyde formique), de polluants inorganiques (oxydes de carbone, oxydes de soufre et d’azote, ammoniac), et de polluants biologiquement actifs (cellules, bactéries, virus dont VIH, HBV, BPV, HPV virus du papillome humain) .
La taille des particules permet inhalation et dépôt dans les alvéoles pulmonaires.
Outre le fait d’être incommodes olfactivement, ces fumées chirurgicales sont responsables de symptômes généraux et d’irritation des yeux et des voies respiratoires, (plus sérieuse chez les asthmatiques) mais aussi d’effets génotoxiques et cytotoxiques.
Hormis quelques cas de de papillomes pharyngés reconnus comme maladie professionnelle, il n’existe pas d’étude de grande ampleur sur les dangers des fumées chirurgicales. Une seule étude prospective publiée à ce jour ne met pas en évidence de relation significative entre la durée de l’exposition aux fumées en salle d’opération et la survenue de carcinomes bronchiques, ni même de tendance allant dans le sens d’une relation dose-effet dans les groupes les plus exposés.
Les études in vitro sont néanmoins en faveur de la toxicité des composants principaux de fumées et imposent des mesures de prévention : mesures techniques (captage à la source des fumées, systèmes de ventilation mécanique imposant 10 à 20 renouvellements d’air par heure, captage des fumées lors d’interventions sous endoscopie), mesures organisationnelles (formations à la prévention avant la prise de poste, protection du maximum des personnels du bloc, vis-à-vis des fumées émanant des instruments chirurgicaux), et mesures de protection individuelle en cas de nécessité.
(publié le 6 décembre 2011)