Infirmières travaillant en équipes postées, après une journée de repos : expression périphérique des gènes de l’horloge biologique génétique de la mélatonine urinaire et des niveaux sériques de 17-β -oestradiol
Rotating-shift nurses after a day off : peripheral clock gene expression, urinary melatonin, and serum 17-β-estradiol levels.

M. Bracci, N. Manzella, A. Copertaro, S. Staffolani, E. Strafella, M. Barbaresi, B. Copertaro, V. Rapisarda, M. Valentino, L. Santarelli. Scandinavian Journal of Work, Environment and Health, 2014, vol 40, n°3, pages 295-304. Bibliographie.

Des modifications de l’expression des gènes de l’horloge biologique, des niveaux de mélatonine et de 17-β-oestradiol peuvent évoquer un risque accru de cancer du sein chez les travailleurs postés. L’objectif de cette étude italienne est de comparer les niveaux des gènes de l’horloge biologique, de 6- sulfatoxymélatonine (aMT 6s) et de 17-β-oestradiol entre le personnel travaillant en équipes postées et en travail de jour, après un jour de repos. Une étude transversale comprenant 60 infirmières ayant 2 ans ou plus de travail posté et 56 infirmières de jour exclusives a été réalisée. Les niveaux de transcription des gènes circadiens, BMAL 1, CLOCK, NPAS2, CRY1, CRY2, PER1, PER2, PER3 et REVERBalpha ont été déterminés par PCR (Polymerase chain reaction) dans les lymphocytes. Toutes les participantes ont été testées dans la phase folliculaire précoce du cycle menstruel. Les échantillons ont été prélevés en début de matinée après une nuit de sommeil sur une journée de repos. Des caractéristiques socio-démographiques et le chronotype ont été pris en compte.

Une expression significativement plus élevée de BMAL1, CLOCK, NPAS2, PER1, PER2 et REVERBalpha et une faible expression de PER3, CRY1 et CRY2 chez les infirmières postées ont été retrouvées par rapport aux infirmières de jour. Il n’y avait pas de différence significative des niveaux d’aMT 6s chez les infirmières postées, mais des taux significativement plus élevés de 17-β-oestradiol, par rapport aux infirmières de jour.

L’analyse par régression multiple linéaire a confirmé le rôle du travail posté sur les expressions de BMAL1 (β 0,21, p = 0,040) ; CLOCK (β 0,35, p = 0,008) ; NPAS2 (β 0,30, p = 0,012) ; PER1 (β 0,33, p = 0,008) ; PER2 (β 0,19, p = 0,047) ; PER3 (β 0,27, p= 0,012) ; CRY1 (β 0,33, p = 0,002) ; CRY2 (β 31, p = 0,005) ; REVERBalpha (β 0,19, p = 0,045) et le 17-β-oestradiol (β 0,32, p = 0,003). L’analyse a également confirmé le rôle du chronotype comme un facteur indépendant pour l’expression de PER1 (β 0,48, p = 0,001) et PER2 (β 0,22, p = 0,022), et des niveaux de β-oestradiol (β 0,26, p = 0,011).
Les infirmières travaillant en équipes postées montrent des altérations de l’expression périphérique des gènes de l’horloge biologique et des niveaux de β-oestradiol, au début de matinée, après un jour de repos.

(publié le 25 septembre 2014)