La technique de radiologie interventionnelle et l’exposition des professionnels

C. Gauron, C. Derock Références en Santé au Travail, 2013, n°133, pp.19-28. Bibliographie
"La radiologie interventionnelle consiste à effectuer des actes guidés par radioscopie". Cette technique s’est particulièrement développée depuis une vingtaine d’années dans toutes les disciplines médicales et chirurgicales, avec des opérateurs n’ayant pas souvent reçu de recommandations précises de prévention lors de l’utilisation des rayonnements ionisants. Ce sont les cardiologues qui réalisent actuellement le plus grand nombre d’actes. C’est probablement la technique la plus à risque pour les opérateurs qui doivent porter des équipements de protection individuelle (tablier de protection radiologique couvrant le corps, lunettes) mais il n’existe pas de protection efficace pour les mains alors qu’elles sont très proches du faisceau direct, ou du milieu diffusé. Les gants radio-atténuateurs plombés ne semblent pas être la solution ; ils doivent même être déconseillés : fausse protection, réduction de la dextérité manuelle, augmentation de l’intensité du générateur par autorégulation.
Les études publiées montrent une grande disparité des doses reçues allant de quelques µSv à quelques mSv pour une intervention, du fait de la variabilité des actes et des techniques. Les procédures proximales sont les plus exposantes. Les procédures thérapeutiques sont plus irradiantes que les procédures diagnostiques.
La difficulté du geste médical semble influencer les doses reçues, de même que l’expérience et l’apprentissage du geste qui permettent de réduire l’exposition des extrémités.
La prévention repose donc sur le positionnement du tube à rayons (qui doit être placé sous la table), l’utilisation d’écrans plafonniers (mais les mains restent dans le rayonnement diffusé), le recours à des matériels plus performants permettant d’augmenter la qualité d’image en limitant le temps de scopie.
La capillaroscopie utilisée pour étudier les effets des rayonnements ionisants montre dans une étude datant déjà de 10 ans, une diminution du nombre de rangées des capillaires, une hétérogénéité dans la distribution des anses, des dystrophies, un œdème et un parcours serpigineux (les capillaires constitués uniquement de cellules endothéliales sont particulièrement sensibles aux rayonnements ionisants). Des études de pus grande ampleur seraient nécessaires pour confirmer ces résultats et étudier l’influence du type d’exposition.
(publié le 17 juillet 2013)