Le burn out des médecins hospitaliers placé sous surveillance

C. Coq-Chodorge Entreprise et Carrières, 2015, n°1229, pp.6-7
Selon l’étude "Santé et sécurité des médecins au travail", menée auprès de 3 196 médecins et pharmaciens salariés en milieu hospitalier, 42,7% des médecins hospitaliers ont un score d’épuisement professionnel élevé et ceci en raison de la faiblesse du travail en équipe, le manque de temps d’échanges avec les malades, les interruptions incessantes d’activités, et la difficulté pour concilier vie professionnelle et vie privée. 14% des décès concernant les médecins sont des suicides (contre 5,9% des décès dans la population générale).
S’il y a une prise de conscience individuelle, la prévention collective n’a pas été engagée en raison d’un contexte budgétaire difficile.
Le CHU de Rouen propose un plan de prévention des risques psychosociaux (RPS) qui inclut les médecins ; mais peu se mobilisent sur le sujet, sauf les jeunes médecins du CHU. La thèse d’un interne en chirurgie digestive décrit parmi ses collègues (320 médecins dont 42% de femmes), un rythme de travail hebdomadaire de 75,6h en moyenne dont 5,32 gardes de 24 heures par mois sans repos compensateur. Il en résulte que 67% ont des troubles du sommeil, 74% des douleurs physiques, 12% des idées suicidaires et 10% présentent tous les symptômes du burn out.
La réglementation est en construction dans les établissements de la fonction publique hospitalière, afin de prendre en compte le risque psychosocial.
(publié le 7 mai 2015)