Personnels soignants en milieu hospitalier
Des performances sous perfusion

C. Ravallec, G. Brasseur, A. Bondéelle, D. Vaudoux Travail et Sécurité, 2009,n°693, p.25-39

Les métiers de soins exposent à de multiples risques : biologiques, chimiques, psychosociaux, TMS, exposition aux rayonnements. Les abandons de carrières témoignent bien des situations que vivent les soignants, écartelés entre les contraintes choisies et les contraintes subies. Les risques psychosociaux ont pris ces dernières années une acuité particulière en raison du manque d’effectifs, de moyens insuffisants, d’exposition récurrente à des incivilités, voire à des agressions. S’y ajoute la pression administrative. Il s’ensuit épuisement professionnel, absentéisme et ses multiples conséquences en termes de désorganisation des services. La prévention passe par un travail d’équipe multidisciplinaire, des temps de concertation suffisants et des transmissions sectorisées. Il faut offrir une plus grande « place à la parole pour redonner un sens au travail et fidéliser les soignants ». Il faut aussi une prise en charge et un accompagnement du personnel en cas de violence. Chacun doit pouvoir « verbaliser sa souffrance dans le cadre d’un groupe d’analyse des pratiques professionnelles ». Un service de gériatrie d’Île-de-France a constaté que 50% des accidents du travail résultaient de manutentions de malades. La mise en place de mesures de prévention (équipements d’aide à la manutention, formation des personnels et nouvelle organisation du travail) a fait diminuer les lombalgies de 42 %. Il faut aussi savoir faire accepter le matériel par les malades et choisir les aides techniques qui soient en correspondance avec le potentiel d’autonomie de la personne. D’une manière globale, il faut une organisation centrée sur le patient qui permette au médecin de faire son travail. « Il faut avant tout se poser la question de l’intérêt pour le patient et pour le médecin, et non pour l’organisation hospitalière ».

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(publié le 15 juin 2009)