Suivi du corps médical par le service de médecine du travail du personnel hospitalier régional universitaire de Lille. Evaluation des besoins en matière de prévention des risques professionnels

V. Dieu, A.Leroyer, A. Sobaszek Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2008, vol. 69, n° 4, p. 533-540. Bibliographie

L’objectif de l’étude était l’évaluation de la perception des risques professionnels par le corps médical ainsi que des besoins en matière de prévention. Une enquête transversale a été réalisée auprès de 222 sujets principalement de sexe masculin, appartenant au corps médical du CHRU de Lille (essentiellement des services de chirurgie et de médecine), de moyenne d’âge 33,1 ans (± 7,7). Cette enquête concernait l’état immunitaire du corps médical vis-à-vis du BCG, des vaccinations DTP et hépatite B, la perception des risques de transmission virale et les modalités de déclaration des AES (accidents avec exposition au sang), les problèmes d’irritation et d’allergie cutanées d’origine professionnelle et l’exposition aux rayonnements ionisants (RI). 28,3% des sujets interrogés ne connaissaient pas la date de leur dernière intradermoréaction à la tuberculine et pour ceux qui avaient répondu, elle datait en moyenne de 5,1 ans. Une partie des sujets interrogés n’avait jamais effectué de radiographie pulmonaire (situation liée en partie à l’âge des sujets interrogés).

57,7% des sujets interrogés avaient une bonne immunité concernant la vaccination DTP et 29,7% pensaient ne pas être à jour. Concernant le virus de l’hépatite B, 63,5% des personnels médicaux interrogés étaient bien immunisés mais il existait une différence importante selon les services (95,3% des personnels médicaux des services de chirurgie étaient correctement protégés contre le VHB, contre seulement 58,3% des personnels médicaux des services d’anesthésie). 51,4% des sujets interrogés disaient avoir été victimes d’un AES avec des différences selon le sexe et le service. Les plus exposés étant les hommes, chirurgiens ou anesthésistes, âgés de 31 à 40 ans. Sur les années 2001 à 2004, le nombre d’AES déclarés par le corps médical a augmenté passant de 94 à 134. Ceux qui les déclarent le moins sont ceux qui en ont le plus souvent. « De façon globale, le personnel médical avait une perception du risque de transmission virale tronquée puisque 34,8% évaluaient correctement le risque de transmission de l’hépatite B, 57,1% de l’hépatite C et 66,4% du VIH. Les personnes estimant le mieux le risque de transmission virale pour le VIH et le VHC étaient celles qui étaient les plus exposées : les chirurgiens, les anesthésistes, les radiologues et les personnels médicaux des services de médecine ».

11,7% des sujets interrogés rapportaient des problèmes d’intolérance ou d’allergie à des produits d’origine professionnelle, essentiellement les femmes. Il a été noté une augmentation des allergies au latex dans les services de chirurgie, de gynécologie, d’obstétrique et d’ORL. Une mise à disposition pour le personnel de gants non poudrés a été adoptée depuis cette étude.

En ce qui concerne le risque des rayonnements ionisants, plus d’un tiers de la population était exposé « mais les mesures élémentaires de prévention n’étaient pas respectées », tant au niveau des EPI (équipements individuels de protection) que du port des dosifilms. « Le corps médical manque clairement d’informations et de formation sur les risques face aux RI et les moyens de prévention à utiliser ».

En conclusion, il faut continuer à informer les personnels médicaux sur les risques et les moyens de prévention. Mais il reste d’autres pistes à explorer, notamment les risques psychologiques tels que la charge mentale, le stress, le burn out, la violence sur le lieu de travail, le harcèlement...

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(publié le 6 janvier 2009)