Troubles anxieux et de l’humeur et facteurs professionnels chez les internes en médecine
Occupational factors for mood and anxiety disorders among junior medical doctors

R. Pougnet, L. Pougnet-Di Costanzo, M. Kerrien, D. Jousset, B. Loddé, J.D. Dewitte, R. Garlantézec La Medicina del Lavoro, 2015, vol 106, n°5, pages 386-393. Bibliographie.

Les internes en médecine sont exposés à de multiples risques professionnels. Le but de cette enquête française est d’évaluer les facteurs de risque et les facteurs protecteurs de troubles de l’humeur et de l’anxiété chez les internes en médecine.

Une étude transversale par l’intermédiaire d’un questionnaire en ligne anonyme entre octobre 2011 et juin 2012 a été réalisée. Tous les internes de la faculté ont été inclus. Le questionnaire portait sur des données démographiques et sanitaires. Il comportait quatre échelles validées : le Center for Epidemiologic Studies Depression Scale (CES-D), le questionnaire d’anxiété de Spielberger, le questionnaire qualité de vie de l’OMS (WHO-QOL) et le Job Content Questionnaire de Karasek. Puis, des précisions concernant les conditions d’exercice professionnel et les interactions entre le parcours universitaire et les stages (changement de spécialité, grossesse, congé, disponibilité…) ont été apportées. 192 internes ont participé à l’étude. Il y avait 68,2 % de femmes. Ils étaient 13 % à avoir un syndrome dépressif, 28,7 % à avoir des troubles anxieux, 32,8 % étaient en situation de "job strain" (association de demande psychologique forte et de faible latitude décisionnelle) et 29,7 % en "iso strain" (association de "job strain" et de soutien social faible).
Le facteur de risque pour l’anxiété était la concurrence entre les internes : OR = 4,23 (de 1,06 à 16,82). Les facteurs de protection pour les troubles de l’humeur étaient l’aide dispensée par les médecins seniors et le respect montré par les patients : OR = 0,21 (de 0,06 à 0,74) et 0,20 (de 0,06 à 0,75) respectivement.

Cette étude a démontré l’impact des relations entre les médecins seniors et les patients sur la santé des internes. Ainsi, la prévention ne doit pas se concentrer uniquement sur l’organisation de travail, mais devrait accroître la sensibilisation des médecins à l’importance de cette relation.

(publié le 9 juin 2016)