Violence à l’hôpital

Prevent Focus, 2013, décembre,pp.8-11

Le bilan 2012 de l’Observatoire national français des violences en milieu de santé (ONVS) fait état de plus de 11 000 signalements de faits de violence déclarés par 354 établissements de soins en France. Il est probable que la situation soit sous estimée, la démarche de déclaration des faits de violence étant un acte volontaire.
Sont les plus touchés, par ordre de fréquence : les services de psychiatrie (25,44% des actes), puis les urgences (10,28%) et les services de gériatrie (10,28%).
Il s’agit essentiellement d’atteintes à la personne (verbales ou physiques) :

  • de niveau 4 (violences avec arme pouvant aller jusqu’au crime) : 1%,
  • de niveau 3 (violences physiques) et de niveau 1 (injures, insultes) : 51%,
  • de niveau 2 (menaces à l’intégrité physique) : 20%.

Le personnel de santé est le plus touché (95% des cas), dans la proportion de 92% pour les infirmiers et les autres personnels soignants et de 8% pour les médecins. La part du personnel administratif représente 5% et concerne essentiellement le personnel affecté à l’accueil.
Les auteurs des violences sont dans 77% des cas, les malades et dans 13% des cas, des visiteurs ou des accompagnants du malade. Les autres auteurs sont le personnel, des fournisseurs ou des personnes extérieures à l’établissement.

L’ONVS souhaite à travers la collecte d’informations, mettre l’accent sur les mesures de prévention à prendre et propose de :

  • mieux cerner le phénomène de violence (systématisation des signalements des faits, mise en place d’une cellule de veille et d’un système d’alerte, identification des zones à risque, suivi de la gestion des faits de violence, suivi du comportement des patients, mise en place de groupes de paroles entre professionnels de santé et patients),
  • mieux organiser la prise en charge des patients (division des flux de patients entre urgences prioritaires et non prioritaires, renforcement des équipes de médiation et de gardiennage à l’accueil, formalisation des protocoles en cas d’incident),
  • mieux préparer le personnel (sensibilisation et formation),
  • mieux encadrer les victimes.

Pour sa part, l’hôpital universitaire de Bruxelles (l’UZ Brussel, Belgique) a placé très haut dans ses priorités, la politique de prévention de la violence et a développé pour ce faire, une approche stratégique basée sur la collecte de données, l’apprentissage des bonnes réactions face aux agressions, l’établissement de procédures en cas d’agression et les formations à l’attention du personnel.

(publié le 2 janvier 2014)