Dose délivrée au cristallin et risque d’opacités précoces du cristallin induites par les rayonnements ionisants chez le personnel hospitalier. Une étude transversale.
Lens dose and risk of radiation-induced early lens opacities among hospital staff. A cross-sectional study.

L. Coppeta, A. Spataro, A. Pietroiusti, S. Rizza and S. Perrone Radioprotection 2020, vol 55, n°3, pp. 195-198. Bibliographie.

Les principaux effets sur l’œil de l’exposition aux rayonnements ionisants sont les opacités du cristallin et la cataracte.
Des découvertes récentes ont questionné la pathogenèse de ces dommages sur le cristallin ainsi que la dose seuil précise nécessaire pour engendrer ces effets. Les limites de dose professionnelle ont été récemment réduites à 0,02 Gy/an, en moyenne sur 5 ans, sans qu’aucune année il n’y ait un dépassement de la dose de 0,05 Gy/an.
Les professionnels de santé peuvent être exposés aux rayonnements ionisants lors de procédures interventionnelles ou d’autres procédures médicales.
Cette enquête
italienne s’intéresse à l’évaluation de la dose annuelle délivrée au cristallin dans une large population de professionnels de santé exposés aux rayonnements ionisants, travaillant au centre hospitalier universitaire de Rome, afin d’évaluer une relation dose-réponse entre l’exposition du cristallin et l’apparition d’opacités lenticulaires.

Les auteurs ont passé en revue les données d’exposition de 702 sujets ; la dose annuelle moyenne délivrée au cristallin a été calculée à l’aide d’un algorithme.
Les dossiers cliniques de 107 salariés exposés à ces rayonnements ont été étudiés : la présence d’opacités sur le cristallin, compatibles avec les rayonnements, a été évaluée selon le Lens Opacities Classification System (LOCS) III et la classification Merriam-Focht. Des doses annuelles supérieures à 0,02 Gy/an ont été trouvées chez 2,1 % de la population exposée. Des prémices d’opacités lenticulaires ont été observées chez 18,6 % de la population étudiée. La présence d’altérations était associée à une dose délivrée sur le cristallin supérieure à 0,0092 Gy.

Sur la base de ces résultats, les auteurs préconisent fortement une optimisation des procédures et la protection du cristallin contre les rayonnements ionisants au moyen d’équipements de protection individuelle lorsque les expositions sont élevées.

(publié le 10 décembre 2020)