Exposition du personnel des établissements de soin aux médicaments anticancéreux : de l’évaluation à la prévention

C. Verdun-Esquer, B. Atge, N. Videau, F. Delva, I. Leclerc, Y. Goujon, M. Canal-Raffin Archives des Maladies Professionnelles et de l’Environnement, 2017, vol.78, n°6, pp.523-536. Bibliographie
Les médicaments anticancéreux échappent à la classification européenne des produits chimiques mais doivent néanmoins être pris en compte dans l’évaluation de l’exposition au risque chimique des personnels travaillant en milieu de soin.
Les données actuelles qui concernent essentiellement les MCTX (médicaments cytotoxiques) sont en faveur d’une augmentation du risque de survenue de certains cancers et d’effets sur la reproduction chez les personnels exposés.
Plusieurs outils sont à disposition pour caractériser les niveaux d’exposition : la biométrologie ou surveillance biologique de l’exposition professionnelle (SBEP), la métrologie atmosphérique ou les prélèvements de surface, ce qui permet d’identifier les sources et les voies d’exposition par contact direct (lors de la préparation, du transport, de l’administration des MCTX ou de l’élimination des déchets), ou par contact indirect via une surface contaminée. Chez le personnel de soins, la voie respiratoire et la voie cutanéo-muqueuse sont prépondérantes.
" Une approche pluridisciplinaire nationale est indispensable pour colliger les données d’évaluation et proposer des recommandations nationales en matière de prévention. Certains pays ont institué des guidelines mais on ne retrouve pas de valeur limite d’exposition ni de référentiel national opposable.
Les préconisations se décomposent actuellement en trois grands axes : les mesures générales et organisationnelles de gestion du risque (évaluation du risque, information et formation du personnel, rédaction de procédures spécifiques ), les équipements de protection et les préconisations de surveillance de l’exposition.
(publié le 7 février 2018)