Incidence du cancer chez les employées de laboratoire : étude de suivi prolongé d’une cohorte suédoise
Cancer incidence in female laboratory employees : extended follow-up of a swedish cohort study

P. Gustavsson, T. Andersson, A. Gustavsson, C. Reuterwall Occupational and Environmental Medicine, 2017, vol 74, n°11, pages 823-826. Bibliographie.

Le travail en laboratoire de chimie est associé à l’exposition à des produits chimiques, dont certains sont des cancérogènes connus ou suspectés. L’étude d’une cohorte de travailleurs en laboratoire, à Stockholm, a été réalisée jusqu’en 1992 et a montré un excès de tumeurs malignes hémato-lymphatiques dans les laboratoires de chimie et un excès de cancer du sein chez les femmes ayant travaillé 10 ans et plus dans ces laboratoires. Le suivi de cette cohorte a maintenant été prolongé à 20 ans.
La cohorte comprenait 2 245 travailleurs de laboratoire employés plus de 1 an de 1950 à 1989. Des informations sur la période d’emploi et le type de laboratoire (chimique ou non) ont été obtenues à partir des registres d’employés.
Les diagnostics de cancer de 1958 à 2012 ont été obtenus par le biais du registre du cancer suédois. Il y avait 383 cas de cancer [ratio standardisé d’incidence SIR = 0,93 (IC 95 % de 0,84 à 1,02)]. Le risque de cancer du sein était élevé mais à la limite de la significativité statistique, chez celles ayant travaillé pendant au moins 10 ans dans des laboratoires de chimie (SIR = 1,41 ; IC 95 % de 0,99 à 1,95 ; 36 cas).
Le risque de cancer du sein était particulièrement élevé chez les femmes ayant travaillé pendant plus de 10 ans dans des laboratoires de chimie avant 1970 [SIR = 3,76 (IC de 1,72 à 7,14) : 9 cas]. Il n’y avait pas d’excès de cancer de sein dans les laboratoires autres que chimiques [SIR = 0,77 (IC de 0,54 à 1,07) :35 cas].
Le nombre de cancers hémato-lymphatiques n’était pas significativement élevé dans la durée du suivi.

L’augmentation de risque du cancer du sein, ainsi que l’excès de tumeurs malignes hémato-lymphatiques retrouvés au début du suivi, peuvent être liés à l’exposition à des produits chimiques cancérogènes/solvants organiques (par exemple le benzène), utilisés dans les laboratoires chimiques, en particulier dans les périodes initiales de suivi.

(publié le 8 mars 2018)