Le risque de suicide chez les professionnels de santé

F. Dutheil, M. Clinchamps, C. Aubert, V. Navel Le Concours Médical, novembre 2020, vol.142, pp. 35-37. Référence

Une revue de la littérature a été menée à partir de plusieurs bases de données interrogées jusqu’en avril 2019.
Plusieurs méta-analyses ont été réalisées et au total 61 études ont été incluses.
Les médecins sont une profession à risque de suicide avec un excès de risque de 44% de décès par rapport aux autres professions, en particulier les femmes médecins.
Certaines spécialités sont surreprésentées : les anesthésistes, les psychiatres, les médecins généralistes et les chirurgiens généraux.
De nombreux facteurs favorisants sont retrouvés : contact fréquent avec la maladie, l’anxiété, la souffrance et la mort, manque de cohésion et de soutien social, perfectionnisme, sens du devoir et des responsabilités, contraintes familiales pour les femmes s’ajoutant à la pression professionnelle.
Les États-Unis sont particulièrement à risque alors que le taux de suicide des médecins a diminué en Europe.
Les idées suicidaires étant considérés comme un indicateur sensible et spécifique du risque de suicide, les stratégies préventives doivent inclure une meilleure prise en charge des troubles psychiatriques, la reconnaissance et le traitement de la dépression et de l’abus de substances, mais aussi des mesures visant à réduire le stress professionnel et l’accès aux moyens pour se suicider.

S’il existe une littérature conséquente sur le suicide des médecins, les données sont quasiment inexistantes pour les autres professionnels de santé, alors qu’ils partagent des risques similaires à ceux des médecins.

(publié le 2 février 2021)