Prévalence de symptômes et du risque de syndrome d’apnée obstructive du sommeil évaluée par le questionnaire de Berlin parmi les professionnels d’un établissement de santé

G. Cadelis, O.E. Fayad, Y. Monteagudo Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique, 2016, vol. 64, n°6, pp. 405-414. Bibliographie.
Afin de dépister les sujets à haut risque de syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) parmi le personnel du CHU de Pointe-à Pitre en Guadeloupe, une enquête épidémiologique transversale s’est déroulée en 2013 sur une période de 8 mois, à partir du questionnaire de Berlin, complété par des mesures biométriques (poids, taille, périmètre cervical, périmètre abdominal) et une recherche des antécédents personnels cardiaques, d’une hypertension artérielle, d’un diabète, d’une hypercholestérolémie ou d’une intoxication tabagique.
Sur les 865 personnes sollicitées pour participer, 773 ont répondu favorablement (67% de femmes et 33% d’hommes).
" L’âge moyen était de 42 ± 11,1 ans. La prévalence des symptômes du SAOS (ronflement à 69%, somnolence diurne à 26%) et des facteurs de risques du SAOS (HTA rapportée à 18%, IMC supérieur à 30 kg/m2 à 13%) était élevée.
La prévalence des sujets à haut risque de SAOS était de 23,5% (20,6-26,6%) dans l’ensemble de la population étudiée : elle était de 22,4% chez le personnel soignant et de 22% parmi les travailleurs en horaire posté.
Les facteurs significativement associés à un haut risque de SAOS dans cette population étaient : avoir plus de 51 ans, être de sexe masculin, avoir un périmètre cervical supérieur à 41 cm et des comorbidités (diabète, hypercholestérolémie et antécédent familial de SAOS).
En raison de la prévalence importante des symptômes du SAOS dans cette population de travailleurs, il pourrait être proposé une généralisation de ce dépistage parmi les employés de ce type d’établissement. Des recherches complémentaires pourraient s’intéresser à la sensibilité et à la spécificité de ce questionnaire en le comparant à la polysomnographie, qui constitue l’examen de référence dans le diagnostic du SAOS.
(publié le 6 février 2017)