Protoxyde d’azote lors de l’utilisation de MEOPA : toxicité, situations d’exposition, données métrologiques, pistes de prévention et rôle du médecin du travail

J. Passeron, A. Guilleux, M. Guillemot, E. Langlois, F. Pillière Références en Santé au Travail, 2016, n°148, pp. 105-115. Bibliographie
Le MEOPA (mélange équimoléculaire d’oxygène et de protoxyde d’azote) est un médicament analgésique délivré au patient par voie respiratoire et conditionné en bouteilles prêtes à l’emploi.
Les situations d’exposition sont multiples : lit du malade, salle de consultation, unité de soins intensifs, bloc opératoire, salle de radiologie, situation de premier secours, cabinet médical et para-médical, hospitalisation à domicile, établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.
Les nombreuses études réalisées donnent des résultats controversés en matière de toxicité chez l’humain, mais il semble exister des signaux d’alerte forts d’atteinte au développement fœtal lors d’une exposition au MEOPA.
Les mesures atmosphériques en milieu hospitalier montrent des seuils d’exposition importants et dans 53% des cas, la concentration mesurée est supérieure à la valeur recommandée par la DGS (25 ppm pour le NO2). Les médecins notamment les pédiatres, anesthésistes, chirurgiens et odontologistes sont les plus exposés. C’est en pédiatrie/maternité que les concentrations sont les plus élevées (supérieures à 2 200 ppm). En complément du prélèvement passif, l’INRS a développé une nouvelle méthode de prélèvement actif qui permet de caractériser les expositions de salariés au NO2 lors de courtes tâches fortement exposantes.
Des dispositifs assurant l’évacuation des gaz et vapeurs anesthésiques doivent équiper les salles d’anesthésie, mais ne sont pas toujours réellement efficaces.
La prévention repose sur la substitution du MEOPA par d’autres analgésiques, le confinement, l’usage des masques équipés de valve à la demande, une organisation des soins limitant le nombre d’intervenants, le captage localisé entre la source d’émission et le personnel de soins, la ventilation générale du local de soins, des alarmes visuelles ou sonores en cas de défaillance de ces systèmes et le contrôle régulier de ces installations.
L’information et la formation des intervenants devrait être un pré-requis avant l’utilisation du MEOPA.
La surveillance médicale devrait comporter avant toute exposition au MEOPA, un examen clinique et un examen biologique qui servirait d’examen de référence. Il n’existe pas de surveillance biologique des expositions professionnelles au NO2 utilisables en routine. La fréquence du suivi médical sera déterminée par le médecin du travail.
Les femmes ayant un projet de grossesse informeront le médecin du travail car il est déconseillé d’exposer une femme enceinte ou allaitant à ce produit).
(publié le 7 mars 2017)