Qualité de vie au travail de jeunes médecins hospitaliers : satisfaits malgré tout ....

R. Alcaraz-Mor, A. Vigouroux, A. Urcun, L. Boyer, A.Villa, M-P. Lelucher-Michel Santé Publique, 2019, vol. 21, n°1, pp. 113-123. Références
Comparée à une population de travailleurs américains, la prévalence du burn out est plus élevée chez les médecins et ces derniers semblent avoir un équilibre vie personnelle-travail moins satisfaisant. Les jeunes médecins en début de carrière semblent particulièrement concernés, la période de transition entre le statut d’interne en médecine et celui de praticien hospitalier semble être particulièrement à risque.
Une étude qualitative réalisée grâce à des entretiens semi-directifs a été menée auprès d’un échantillon de praticiens hospitaliers, ayant moins de 10 ans d’ancienneté.
18 praticiens ont été interrogés sous couvert d’anonymat par trois internes en médecine du travail. Le contenu de chaque entretien a été retranscrit informatiquement dans son intégralité.
Le travail en équipe et l’autonomie dans la prise en charge des patients sont associés à un ressenti positif, mais la relation avec l’Administration est considérée comme quasiment inexistante.
La charge de travail très élevée, avec des horaires difficilement compatibles avec la vie privée, impacte la santé.
L’évolution de carrière est difficile notamment du fait de l’incertitude quant à la possibilité d’avoir un poste de praticien hospitalier et les conditions matérielles sont jugées insatisfaisantes.
Mais globalement les jeunes médecins sont satisfaits du contenu de leur travail notamment du fait de l’émulation scientifique et du développement des compétences.
Cette étude devrait permettre de mieux cibler les actions de prévention afin d’ améliorer les conditions de travail des jeunes médecins.
Les priorités devraient s’orienter vers une réduction du leur charge de travail, une réglementation de leur temps d’activité et une amélioration de leurs conditions matérielles d’exercice.
(publié le 25 juin 2019)