Les dégâts du cannabis

C. Barruyer Prévention BTP, 2010, n°129, pp.46-48
Le statut de drogue douce conféré au cannabis par le grand public peut avoir des conséquences redoutables. Des adultes de tous milieux y ont recours, non seulement les jeunes salariés (notamment les intérimaires au statut précaire) mais aussi les cadres supérieurs stressés. 3,9 millions de personnes en France sont des usagers occasionnels et 1,2 million, des consommateurs réguliers. Au fil du temps, la dangerosité de ce produit s’est accrue avec la sélection de variétés très riches en THC (tétrahydrocannabinol).
Le mode de consommation le plus courant est le joint (cigarette roulée à la main contenant un mélange de tabac et de drogue). Les fumées contiennent de nombreux composés cancérogènes (goudrons, benzopyrène, nitrosamines, aldéhydes, benzène), en quantité beaucoup plus importante que dans une cigarette. Si "un joint est trois à six fois plus toxique pour les voies respiratoires qu’une cigarette", il est également dangereux pour la sphère ORL, le poumon et le cœur.
Il a aussi un impact très important sur le système nerveux : baisse de la vigilance, modification des perceptions et des sensations, difficulté de coordination des mouvements, action sur le raisonnement et la prise de décision, sur la mémoire et les apprentissages, sur la vision, sentiment d’hypervigilance alors que les facultés sont singulièrement ralenties. Il s’ensuit réactions inappropriées, prises de risque inopportunes, gestes malencontreux. Le risque est augmenté en cas d’association à d’autres substances psychoactives (alcool ou médicaments).
Le cannabis a aussi un impact délétère sur l’humeur et le comportement : syndrome de dépersonnalisation, syndrome amotivationnel, dépression, d’où moindre efficacité, baisse d’attention, comportement à risque, erreurs de jugement.
Longtemps après que le cannabis ait été consommé, il persiste dans les graisses corporelles. Il faut une semaine pour éliminer dans les urines la totalité du THC d’un joint (et trois semaines pour trois joints). Les tests de dépistage urinaire sont les plus employés. Toute opération de dépistage doit être précédée d’une information après des personnels concernés et les résultats du dépistage sont confidentiels.
(publié le 25 août 2010)