Lombalgie chez les chauffeurs exposés aux vibrations sur le corps entier : analyse d’un modèle dose-réponse

Low back pain in drivers exposed to whole body vibration : analysis of a dose-response pattern I.J.H. TIEMESSEN, C.T. HULSHOF, M.H.W. FRINGS-DRESEN Occupational and Environmental Medicine, 2008, vol.65, n°10, pages 667-675, Bibliographie

L’objectif de cette enquête hollandaise était l’analyse d’un modèle dose-réponse entre l’exposition aux vibrations transmises au corps entier (VTCE) et la lombalgie au sein d’un groupe de chauffeurs professionnels.

Cette enquête a évalué les facteurs individuels, les facteurs de risque professionnels, différentes mesures de la survenue de lombalgie et du handicap liés à la lombalgie dans un groupe de chauffeurs (n = 571) étudiés au départ (T0), ainsi que l’amplitude des VTCE d’un échantillon de leurs véhicules (n = 49), à T0 et au bout d’un an de suivi (T1). Les données ont été recueillies au moyen d’un auto-questionnaire et du champ de mesure actuellement en vigueur ISO 2631-1.

L’amplitude et la durée de l’exposition aux vibrations et une variété de mesurages d’exposition aux VTCE quotidienne et cumulative ont été calculées pour chaque chauffeur. Ce sont 229 chauffeurs qui ont complété à la fois les questionnaires à T0 et T1. L’amplitude des VTCE était comparable au cours du temps. Pour la survenue de lombalgie, différents facteurs individuels (le statut marital, le traumatisme lombalgique et le tabagisme) et des facteurs de risque liés au travail (emploi antérieur avec le port de charges lourdes, le soulèvement de charges, le fait de se pencher et l’indice de risque physique) participaient significativement à l’apparition (pour l’ensemble p< 0,05).

Après ajustement pour ses facteurs contributifs, l’enquête a mis en évidence une tendance significative (une augmentation des odds ratios de survenue de lombalgie avec une augmentation de l’exposition aux VTCE) pour une lombalgie en relation avec le fait de conduire longtemps chaque jour (p< 0,03), et les mesures cumulatives du total des heures d’exposition (p< 0,01), la racine de la somme des carrés de la dose totale (p<0,01). Aucune tendance significative n’a été trouvée pour la lombalgie durant 12 mois. Aucune analyse sur un possible modèle dose-réponse n’a pu être dérivée aussi bien pour l’intensité de la lombalgie que pour le handicap lié à la lombalgie, du fait de la faible prévalence.

En conclusion, la recherche a trouvé un modèle dose-réponse entre l’exposition aux VTCE et la lombalgie liée à la conduite. Aucune indication d’un modèle dose-réponse n’a été trouvée entre l’exposition aux VTCE et la lombalgie de 12 mois. Bien que ce modèle dose-réponse ne soit seulement qu’une indication, ces résultats impliquent que l’exposition aux VTCE pourrait contribuer à la survenue d’une lombalgie liée à la conduite.

09A0118

(publié le 3 février 2009)