Développement du monoripage et conditions de travail
Une étude de l’INRS

B. Delecroix, I. Salmon, K. Desbrosses, M. Vieira, B. Adam Références en Santé au Travail, 2017, n°152, pp. 53-63. Bibliographie

En cas de biripage (2 ripeurs), les études concluent majoritairement à une large exposition aux risques professionnels. Pour raison économique, le monoripage se développe ; le ripeur est désormais seul avec le chauffeur.
Pour mieux connaître les risques de cette activité, une étude a été menée en deux volets : des analyses ergonomiques et physiologiques d’une part et des analyses économiques et gestionnaires d’autre part.

Le suivi comparé des équipiers de collecte en monoripage (MR) et en biripage (BR) montre que le MR est une activité encore plus à risque que le BR et que l’effort physique est plus important (temps de travail supérieur d’environ 10%, masse de déchets manutentionnés deux fois plus élevée, nombre de pas plus important, coût cardiaque 35% plus élevé).
Le risque semble avoir été anticipé par les exploitants et les donneurs d’ordre et des aménagements ont été proposés : réduction des contraintes subies par les ripeurs en monoripage (collaboration chauffeur/ripeur, régulation de l’organisation ses collectes ; adaptation des équipements techniques ; affectation des ripeurs selon l’âge et les compétences, régulations temporaires en cas de difficultés ; changement de coefficient salarial).
Tous les sujets interrogés sont bien conscients que le monoripage a été mis en place pour des raison de coût (-56% pour une entreprise.)
Chaque entreprise a émis le souhait que le cahier des charges des marchés publics de collecte contienne des clauses interdisant ou tout au moins encadrant le monoripage.
En attendant, des préconisations ont été émises : majorité des conteneurs équipés de roulettes, collectes journalières ne dépassant pas 7,5 tonnes en poids et 6 heures en temps, pauses, lève-conteneurs automatiques.

(publié le 9 février 2018)