Le syndrome aérotoxique

G. Carcaly Face au Risque, 2018, N°543, p.7
L’ambiance de la cabine avion est pressurisée et réchauffée par de l’air fourni par les réacteurs. Des joints empêchent l’air d’être mélangé aux lubrifiants. En cas d’usure, des fuites peuvent exister et polluer l’air car ces lubrifiants sont composés de substances toxiques dont le phosphate de tricrésyle (PTC).
La situation se matérialise par une odeur typique de "chaussettes sales" ou de "chien mouillé" mais dans les cas les plus sévères, de la fumée se dégage. On parle de fume events.
Les symptômes se manifestent après le vol de manière aiguë ou chronique. Il s’agit de "nausées, vomissements, difficultés respiratoires, troubles de la vision, perte d’équilibre, convulsions, troubles du sommeil, maux de tête, traitement mental ralenti, sentiment d’ébriété, dépression, fatigue ou encore faiblesse musculaire".
Ces phénomènes de fume events ne sont pas toujours détectés ni répertoriés et ne font pas systématiquement l’objet d’un rapport.
Un vol sur 2000 serait concerné par ce phénomène selon l’industrie aéronautique mais les journalistes annoncent un évènement chaque semaine pour une seule compagnie aérienne.
Un sondage effectué par des chercheurs britanniques sur 274 pilotes révèle que 88% d’entre eux signalent avoir été exposés à ces fume events et 34% rapportent une exposition fréquente.
Des pilotes disant souffrir du syndrome aéronautique ont porté plainte.
Pour l’instant, 644 appareils n’utilisant pas l’air provenant des réacteurs voleraient sur les 26 000 avions de ligne en circulation.
Certaines compagnies envisagent d’équiper leurs avions de filtres.
(publié le 10 août 2018)