Proposition d’une méthode de repérage des postes de travail potentiellement exposant aux nano-objets, leurs agrégats ou agglomérats dans les entreprises mettant en oeuvre des nanomatériaux manufacturés

I. Guseva Canu, S. Ducamp, L. Delabre, S. Audignon-Durand, C. Ducros, C. Durand, Y. Iwatsubo, D. Jezewski-Serra, O. Le Bihan, S. Malard, A. Radauceanu, M. Reynier, M. Ricaud, O. Witschger Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2015, vol.76, n°4 pp. 329-336. Bibliographie
Afin d’assurer le développement responsable des nanotechnologies, une évaluation des risques pour la santé humaine et l’environnement doit être effectuée.
Le dispositif de l’Institut de veille sanitaire (InVs), baptisé EpiNano repose sur la création de l’enregistrement des travailleurs potentiellement exposés aux nanomatériaux afin de créer une cohorte prospective pour pouvoir suivre l’évolution de l’état de santé des travailleurs qui y sont exposés.
Comme il n’existe aucune méthode permettant de caractériser le potentiel d’exposition aux postes de travail, un partenariat appelé Quintet ExpoNano a été constitué, avec l’objectif de proposer une méthode pratique et simple et non instrumentale.
Cette méthode repose sur une visite technique d’établissement organisée sur une ou deux journées, des entretiens avec les responsables d’ateliers et les opérateurs et une observation de l’activité au poste de travail.
La visite s’appuie sur un outil, appelé carnet d’observation technique (COT). "Il permet de relever, dans un ordre logique, des éléments nécessaires au repérage et à la caractérisation des postes, notamment les procédés mis en œuvre, l’aéraulique des ateliers, les équipements de protection, les caractéristiques des nano-objets manufacturés, leurs agrégats et agglomérats (NOAA), à l’entrée et à la sortie du poste, les conditions de leur manipulation, de la tenue du poste et de sa maintenance".
La méthode a été appliquée à dix entreprises et 53 postes mettant en œuvre des NOAA ont été identifiés. C’est ainsi que 57% (30) ont été classés comme potentiellement exposants. Il s’agit essentiellement des postes de synthèse, d’échantillonnage, de transfert et de fonctionnalisation des NOAA ; le nombre d’opérateurs affectés à ces postes varie de 1 à 9 et la fréquence d’intervention sur le poste est variable et dépendante du poste de l’opérateur.
Les postes potentiellement exposants sont souvent en lien avec une absence de ventilation générale dans l’atelier, une absence d’équipement de protection collective et une mise à disposition d’équipements de protection individuelle. Les NOAA sont sous forme de poudre sèche ou à faible teneur en humidité et ont potentiellement une plus forte pulvérulence.
Ces résultats sont préliminaires et pas forcément représentatifs de la situation des entreprises mettent en œuvre des NOAA mais l’utilisation de cette méthode pourrait faciliter l’application de l’approche de gestion graduée de risques, méthode de référence recommandée par l’ISO pour les entreprises mettant en ouvre des nanomatériaux.
"Cette méthode simple ......conçue pour des épidémiologistes pourrait servir à l’ensemble des acteurs de la santé et prévention au travail impliqués dans la gestion des risques liés aux nanomatériaux".
(publié le 24 septembre 2015)