Le slow management ou l’art de simplifier le travail

A. Weinberg Sciences Humaines, 2016, n°278, pp. 54-57
Faut-il oublier le travail parfait et trop fignolé et limiter les exigences ? Le mouvement "slow" est né en Italie en 1986 en réaction à l’essor des fast food, répondant à cet excès par le slow food qui prône la lenteur, la convivialité et la nourriture plus saine. Ce mouvement s’est ensuite généralisé et le slow management ou slow business en est une déclinaison.
Ce mouvement qui peut s’appliquer dans la vie quotidienne propose une gestion du temps, fondée sur l’économie de moyens. Il suffit d’adopter des règles simples : ajuster son temps à son but réel et au niveau d’exigence donné et devenir minimaliste en se débarrassant de toutes les tâches non indispensables.
Sur le plan du travail, cela revient à faire la chasse aux projets chronophages.
"Tous défendent l’idée qu’il est temps de mettre fin à une course effrénée à la croissance pour promouvoir une économie plus durable, plus sociale, plus écologique, plus humaine". Des entreprises qui partagent ce concept ont réussi mais force est d’admettre qu’on manque de recul pour mesurer les avantages et les inconvénients pour l’ensemble des secteurs. Il faut alors de "nouveaux critères de gestion comptable des entreprises, de nouveaux indices de croissance et repenser de nouveaux équilibres".
Pour illustrer son propos, l’auteur s’appuie sur la "théorie des usines à gaz". Tout fonctionne aujourd’hui selon la logique des projets, toujours stimulants et grisants au début mais il est prudent de ne pas se bercer d’illusions et de réfléchir à toutes les raisons qui pourraient les faire échouer. Voilà une saine gestion ! Il faut réfléchir avant d’agir et ne pas foncer tête baissée. Que penser de tous ces projets sur lesquels on a fondé tant d’espoirs, sur lesquels on a beaucoup investi et qui finissent par mourir de leur belle mort ?
(publié le 25 avril 2016)