Les salariés cherchent à articuler vie professionnelle et vie privée

Interview de A. Boboc par R. Le Saint Entreprise et Carrières, 2013, n°1140, pp.28-29

Selon une enquête "réalisée en 2009 et 2010 auprès de 1 600 salariés représentatifs de la population française, complétée par deux enquêtes qualitatives comprenant des entretiens avec des salariés et des employeurs", il apparaît que les salariés ne tiennent pas à la stricte séparation entre vie professionnelle et vie personnelle mais qu’ils souhaitent en contrôler les débords, bien que tous n’en aient pas les mêmes possibilités.
Les femmes intègrent davantage les contraintes familiales au bureau ; elles utilisent les TIC (techniques de l’information et de la communication) sur leur lieu de travail mais en réponse à un besoin de réactivité forte (urgences familiales telles que aller chercher un enfant malade à l’école) mais réduisent davantage leurs horaires que les hommes pour mieux articuler l’ensemble.
Les hommes réalisent de plus en plus d’activités personnelles au bureau mais le font de manière plus discrète en utilisant davantage le courriel et Internet.
Près de 2/3 des Français travaillent au moins occasionnellement le soir, la nuit ou le week-end.

Les personnes concernées par le télétravail régulier sont "des hommes de 30 à 49 ans, diplômés, cadres ou professions intermédiaires travaillant dans une entreprise de plus de 1 000 salariés, habitant dans une agglomération de plus de 200 000 habitants ou en région parisienne, vivant en coupe avec un enfant mineur", l’objectif étant une plus grande flexibilité et une meilleure organisation des tâches liées à la sphère personnelle et davantage d’autonomie dans l’utilisation du temps, ce qui fait des journées moins stressantes.
Il est probable que dans les 10 années à venir, 40 à 50% des emplois soient concernés par le télétravail. Actuellement 10% des salariés bénéficiant du télétravail le font dans le cadre d’un accord d’entreprise. Il est un certain pourcentage de télétravailleurs occasionnels, encouragés parfois par certains managers pour une plus grande autonomie des collaborateurs. Si les TIC continuent à se développer, il faudra veiller à la surcharge d’activité qu’elles pourront engendrer. Tout dépendra aussi de l’équipement au domicile : la grande majorité des Français ont déjà un téléphone mobile tandis que moins d’un salarié sur cinq bénéficie d’un téléphone portable professionnel.

(publié le 29 juillet 2013)