Plus longtemps au travail avec une organisation plus intelligente ?

L. Eeckelaert, K. Bruyninx Prévent Focus, 2014, novembre, pp.12-14
Le défi social est clair : il faut faire travailler plus longtemps un plus grand nombre de personnes et les carrières courtes avec un départ à la retraite à 50 ans ne sont plus envisageables.
L’article concerne les travailleurs belges mais les conclusions peuvent vraisemblablement s’appliquer aux autres pays européens (NDLR).
Il est évident que les personnes âgées vont constituer une part grandissante de la population active. Or les travailleurs âgés s’ils sont moins souvent absents pour maladie que leurs collègues plus jeunes, le sont généralement plus longtemps.
Il est noté que les entreprises qui se préoccupent de l’employabiité de leurs salariés ont un absentéisme pour maladie moindre, que les primes d’assurance pour les accidents du travail sont moins élevées et que les travailleurs sont plus satisfaits.
Depuis plusieurs années, les entreprises ont externalisé un certain nombre de tâches qui ne constituaient par leur activité principale. Or ces tâches souvent moins lourdes physiquement constituaient une possibilité de travail adapté pour les salaries moins valides présentant des limitations fonctionnelles.
Le contexte économique n’est pas favorable à la création de postes adaptés pour cette main d’œuvre fragilisée.
Le défi pour les entreprises consiste à se remettre en question en analysant leur structure organisationnelle. Dans la plupart des entreprises, les salariés sont formés à une tâche donnée dans laquelle ils excellent, ce qui les rend performants dans ce domaine mais dès lors que leurs capacités fléchissent et les empêchent de réaliser ce travail, ils n’ont pas les possibilités d’occuper d’autres postes car il n’ont pas développé les capacités requises. Il faut dès lors relier la qualité de l’organisation à la qualité de l’emploi et créer des emplois "actifs" où les exigences de la tâche et la latitude décisionnelle soient en équilibre, ce qui étendra les possibilités de développement de l’individu.
Pour donner l’opportunité de travailler plus longtemps, il faut privilégier les organisations logiques, cohérentes et flexibles, dans lesquelles les travailleurs ne sont plus considérés comme un maillon anonyme dans un grand ensemble mais au contraire fournissent "un travail visible, reconnaissable et significatif "où ils disposent d’une plus grande latitude décisionnelle et de plus de possibilités d’adaptation. Il est important de cibler la qualité de l’emploi tout autant que la capacité qui est une donnée pouvant évoluer au fil des ans.
L’amélioration du partage des connaissances et l’utilisation des compétences contribuent à la continuité du service et à la capacité d’innovation, ce qui rend les travailleurs plus heureux et les entreprises plus concurrentielles sur de nombreux plans.
(publié le 26 février 2015)