Brûlures oculaires

H. Merle, C. Mesnard Encyclopédie Médico-Chirurgicale, EMC, Ophtalmologie, 2020, vol.37, n°1, 21-208-A-05, 21 pp. Références

Les brûlures oculaires constituent de véritables urgences en ophtalmologie. Elles sont chimiques, thermiques ou par radiations. Parfois bilatérales, ces brûlures surviennent le plus souvent chez des sujets jeunes et de sexe masculin.
Ces brûlures sont généralement le fait d’accidents du travail, domestiques ou de loisirs. Depuis plusieurs années, la part des agressions est en augmentation.

La gravité des brûlures chimiques est fonction de nombreux paramètres (nature du produit en cause, de la concentration, de la quantité, de la durée d’exposition, de la force d’impact, de la température). La symptomatologie est souvent bruyante. L’examen clinique initial est primordial et permet une classification des lésions, dont l’objectif est d’établir un pronostic et de guider l’attitude thérapeutique.

Les brûlures thermiques atteignent essentiellement les cils, les sourcils et les paupières. Cependant, on peut observer dans la fente palpébrale, une ulcération de la cornée et de la conjonctive. Les brûlures liées au froid peuvent aller d’une simple abrasion épithéliale à une véritable gélation de la cornée, pathologies traitées par l’application de compresses tièdes.

Les brûlures par les rayons ultraviolets entraînent des douleurs, un blépharospasme, un larmoiement et une photophobie.
Les brûlures par rayons infrarouges peuvent induire une kératite ponctuée superficielle, mais aussi une cataracte ou une choriorétinite.
L’exposition aux radiations ionisantes entraîne une hyperhémie de la conjonctive et une atteinte de la cornée de gravité variable.

La prise en charge immédiate repose sur le lavage oculaire dont la pratique doit être connue des intervenants car " de sa précocité et de sa qualité dépend le devenir de la brûlure ". Les lésions seront plus sévères si le lavage n’a pas été effectué ou a été retardé. Idéalement il doit être réalisé sur les lieux même de l’accident et poursuivi pendant le transport du malade vers l’ophtalmologiste ou l’hôpital. Il est facilité par l’instillation préalable d’un collyre anesthésique.
L’eau courante et le sérum physiologique ne possèdent aucun effet tampon et n’agissent que par dilution et entrainement mécanique. L’utilisation de solutions iso- ou hypertoniques est préférable. On ne dispose en France que d’une seule solution de lavage de ce type : la Diphotérine, également efficace vis-à-vis des gaz lacrymogènes.

Nombre de brûlures nécessitent une hospitalisation et un acte chirurgical. Les récentes innovations thérapeutiques ont amélioré le pronostic mais malgré un traitement bien conduit, les brûlures peuvent aboutir à une perte fonctionnelle, voire à une perte anatomique.
La prévention de ces accidents redoutables reste une priorité.

(publié le 30 octobre 2020)