Dermatites de contact aux acrylates et méthacrylates

M-N. Crépy Références en Santé au travail, 2018, n°158, pp.103-115. Bibliographie

Les acrylates et les méthacrylates peuvent être responsables de dermatites de contact allergiques et de dermatites de contact d’irritation.
Les méthacrylates sont présents surtout dans les produits dentaires, les ongles artificiels et les colles anaérobies.
Les acrylates sont retrouvés dans les encres photopolymérisables, les peintures, les vernis et les colles.
La prévalence de l’allergie à ces substances est estimée à environ 1% dans une étude multicentrique récente.
Si l’allergie aux méthacrylates est fréquente, celles aux acrylates est plus rare.
Ce sont les professionnels de l’onglerie qui ont le risque le plus élevé de sensibilisation. Ils peuvent représenter jusqu’à 80% des cas de dermatite allergique de contact professionnels aux acrylates.
1/3 des techniciens dentaires ont une dermatite de contact professionnelle.
Les autres professions à risque sont celles du secteur industriel, de la peinture et du revêtement, les salariés de l’imprimerie, les employés de la métallurgie, l’industrie cosmétique, les laboratoires et l’industrie des fibres de verre.

Le diagnostic repose sur l’examen clinique, l’anamnèse et le bilan allergologique.
La forme la plus typique est la pulpite douloureuse, hyperkératosique, squameuse et fissuraire, souvent associée à une diminution de la sensibilité tactile. Mais il existe aussi des eczémas touchant le visage, les paupières, le cou, par voie manuportée ou aéroportée. D’autres formes cliniques plus rares existent.
Les tests épicutanés sont la méthode de référence pour identifier les allergènes responsables.
Les sujets sensibilisés à un méthacrylate peuvent réagir à d’autres méthacrylates et plus rarement aux acrylates.
Les sujets sensibilisés à un acrylate vont réagir uniquement à l’acrylate auquel ils sont sensibilisés, sans réaction croisée avec les méthacrylates.

La prévention sera d’abord collective : substitution si possible des produits hautement irritants et sensibilisants par des substances de moindre risque, automatisation des procédés, évitement du contact cutané, ventilation et nettoyage régulier des locaux, information du personnel.
Elle sera ensuite individuelle : port de gants en laminé multicouches de polyéthylène en cas de contact cutané prolongé.
Elle sera médicale : réduction maximale du contact cutané avec les irritants, éviction complète du contact avec les allergènes en cas de sensibilisation, usage de savons doux et d’émollients, évitement du travail en milieu humide.

La réparation en maladie professionnelle se fait au titre du tableau n° 65 du régime général qui prend en charge les lésions eczématiformes de mécanisme allergique aux acrylates et méthacrylates. Certaines dermatites d’irritation peuvent être déclarées en accident du travail.

(publié le 20 février 2019)