Amiante
Un risque universel

D. Vaudoux Travail et Sécurité, 2010, n°709, pp. 38-40
Un tiers des maladies professionnelles du second œuvre et de la maintenance est du à l’amiante ; et chaque année plusieurs centaines de maladies professionnelles liées à l’amiante sont enregistrées chez les plombiers. Les plombiers ne se protègent pas lors de leur interventions car ils pensent qu’il n’y a pas d’amiante dans les immeubles dans lesquels ils interviennent. Pourtant, avant l’interdiction définitive de l’amiante en 1997, 35 000 tonnes d’amiante (majoritairement sous forme d’amiante-ciment destiné à la construction) ont été utilisées annuellement en France. Il semble que 4,7% des bâtiments soient concernés au niveau national par l’amiante, soit entre 4 et 6 millions de m2 floqués et 500 000 m2 calorifugés.
Les plombiers sont exposés lorsqu’ils interviennent sur d’anciennes chaudières ou lorsqu’ils produisent des poussières en ponçant, meulant, perçant les parois d’un bâtiment construit avant 1997.
La Carsat Midi-Pyrénées a tenté de sensibiliser les plombiers sans succès et se propose de sensibiliser les propriétaires et gestionnaires d’immeubles.
Le DTA (diagnostic technique amiante) est un élément intéressant mais très insuffisant. Il dresse l’inventaire des matériaux contenant de l’amiante à partir d’un contrôle principalement visuel, ce qui est insuffisant dans le cas de travaux de réhabilitation ou de démolition. Il faudrait des sondages destructifs avant travaux pour mise en évidence de l’amiante caché. Il faudrait un DTA vivant, alimenté au fur et à mesure des connaissances et des sondages effectués. Les plus gros gestionnaires semblent donner l’exemple en mettant en ligne leurs DTA.
(publié le 9 novembre 2010)