Prise en charge de la dépendance tabagique

G. Peiffer La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2013, vol. 27, n° 907, pp. 648-649. Bibliographie

Cet article tord le cou aux idées reçues et conseille la marche à suivre pour aider au sevrage d’un patient tabagique.
Déjà, il n’existe pas de petit tabagisme. Risque de cancer ou risque de décès par infarctus sont significativement plus élevés chez les fumeurs de 1 à 5 cigarettes que chez les non fumeurs.
Le tabac à rouler est en moyenne 2 à 4 fois plus nocif que la cigarette industrielle (teneur en goudron plus élevée) ; et les cigarettes légères exposent à des risques particuliers (augmentation des adénocarcinomes) et abusent les consommateurs qui en fait tirent plus profondément et plus longuement pour récupérer une plus grande quantité de nicotine.
Il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer même si l’on est déjà âgé (réduction du risque d’infarctus ou d’AVC), ou malade (diminution du risque de rechute d’un cancer).
La nicotine n’est pas cancérogène mais induit une dépendance et les patchs ne sont pas dangereux pour la santé, pas même pour le cœur ; les femmes enceintes peuvent les utiliser sur avis médical.
Pour lutter contre le tabac, les médecins doivent procéder au conseil minimal (demander systématiquement à chaque patient, s’il est fumeur et s’il a envisagé la possibilité d’arrêter et lui offrir dans ce cas une brochure d’information).
Trois étapes sont nécessaires pour aider au sevrage :

  • l’évaluation de la motivation (test de Fagerström),
  • la période de sevrage : thérapeutiques médicamenteuses (nicotine de substitution, bupropion mais risques d’effets secondaires, varénicline (recommandée en deuxième intention après échec des substituts nicotiniques) ou psychothérapies comportementales et cognitives, associées à un suivi et un accompagnement psychologiques,
  • la prévention et le traitement des éventuelles rechutes.
(publié le 4 novembre 2013)