Le vin protecteur des maladies cardiovasculaires ?

J-M. Lecerf La Presse Médicale Formation, 2020, vol.1, n°3, pp. 306-310. Références
Il est admis depuis longtemps que la consommation excessive d’alcool est associée à une augmentation du risque de mortalité (prématurée) " toutes causes". C’est récemment que des études ont montré que le risque augmentait à partir de zéro.
La quasi-totalité des études épidémiologiques en France et à l’étranger sont en faveur d’une petite diminution des maladies cardiovasculaires, coronariennes, notamment d’infarctus, chez les petits consommateurs.
L’alcool plus que le vin, en particulier pour les fortes doses est associé à une augmentation de la pression artérielle.
Une consommation élevée (dépassant 2 verres par jour) accroît le risque d’accidents vasculaires hémorragiques, peut induire une cardiomyopathie ou favoriser les troubles du rythme et notamment la fibrillation auriculaire.
Les petites consommations (dose inférieure à 20g/jour) pourraient être associées à une diminution du risque d’infarctus non fatal, du risque d’insuffisance cardiaque ou d’une moindre prévalence de l’artérite des membres inférieurs chez les non-fumeurs.
Plusieurs études menées en Europe montrent une réduction des facteurs de risque chez les femmes et les sujets âgés pour une consommation de 10-20 (voire 30) g/jour.
Une faible consommation de vin aurait un effet favorable sur la progression de l’athérome et diminuerait le risque cardiovasculaire des insuffisants rénaux (action sur le fibrinogène, l’agrégation plaquettaire, certains marqueurs de l’inflammation, les molécules d’adhésion, la dysfonction endothéliale).
Les polyphénols du vin exerceraient des effets anti-oxydants parfois discutés, mais aussi des effets antiagrégants plaquettaires.
Néanmoins, " il est hors de question de conseiller la consommation d’alcool ou même de vin pour la prévention en raison des risques pour la mortalité totale et des risques de dépendance... Chez un patient sans facteur de risque, il n’y a pas de raison de déconseiller la consommation de vin en faible quantité a fortiori s’il est âgé". Mais selon les pathologies, il faut réduire, voire supprimer la consommation. Or, "cela impose la nécessaire adhésion du sujet à l’ensemble des changements de mode de vie et d’alimentation et pour cela il faut trouver des compromis".
(publié le 12 janvier 2021)