Pendant et après un cancer : repérer les situations nutritionnelles à risque

P. Latino-Martel, B. Srour, J. Ginhac, J. Bigey, R. Ancellin, pour le groupe de travail INCa La Revue du Praticien, 2021, vol.71, n°2, pp.155-159. Références
En fin d’année 2020, l’Institut national du cancer (INCa) a publié un rapport présentant l’état actuel des connaissances sur l’impact des facteurs nutritionnels sur des évènements cliniques pendant ou après un cancer. Ce rapport est issu d’un travail d’expertise collective ayant fait appel à des experts du Réseau national alimentation cancer recherche (Réseau NACRe).
L’objectif état de fournir aux patient atteints de cancer et aux professionnels de santé, des recommandations nutritionnelles adaptées lorsque les niveaux de preuve actuels le permettaient.
C’est ainsi que certains facteurs nutritionnels ont un impact sur la mortalité, le risque de récidive et le second cancer.
"Ainsi, des situations nutritionnelles à risque pourraient être rencontrées pour certaines localisations du cancer : dès le diagnostic et tout au long du parcours de soins, il convient d’être vigilant face à une éventuelle perte de poids (cancers du poumon ou de l’œsophage), la dénutrition (cancers du poumon, de l’œsophage, du côlon et du rectum, du pancréas, de l’estomac et du foie), une prise poids (cancers colorectal, du sein et du rein) ou la consommation d’alcool (cancers des voies aérodigestives supérieures) ; et après les traitements, à un excès de poids (cancers colorectal, du sein et du rein).
Ces situations nécessitent des évaluations nutritionnelles, voire un accompagnement ou une prise en charge par des professionnels de santé, dans le cade de la prévention tertiaire".
Les auteurs rappellent l’importance de la lutte conte la désinformation en ce qui concerne les propriétés "anti-cancer" attribuées à certains produits tels que le soja, les compléments alimentaires antixoxydants, ou à certaines pratiques, telles que le jeûne ou les régimes restrictifs, qui pourraient augmenter le risque de dénutrition et de sarcopénie (perte de masse musculaire) qui sont des facteurs de mauvais pronostic du cancer.
Les besoins en vitamines et minéraux seront assurés par une alimentation équilibrée.
(publié le 6 mai 2021)