Addictions : comment les combattre au travail

Pic - Protection Individuelle et Collective, 2011, n°70, pp.22-28
Selon la MILDT (Mission Internationale de lutte contre la drogue et la toxicomanie), 4 millions de français vivraient sous cette dépendance. Une polyconsommation chez les jeunes associant cannabis (550 000 consommateurs quotidiens) et alcool est très préjudiciable vis-à-vis du travail. 23% des médecins du travail ont constaté lors d’une enquête en 2006, une augmentation de la consommation de drogue au travail. Stress, contraintes professionnelles et banalisation des drogues en seraient les éléments favorisants. Or l’usage de ces drogues altère la vigilance. 10% des salariés en auraient besoin pour travailler, tandis que 15% à 20% des accidents professionnels, de l’absentéisme et des conflits seraient liés à l’usage d’alcool, de psychotropes ou de stupéfiants !
Il semble que les DRH soient de plus en plus favorables aux tests de dépistage du cannabis (69% dans les entreprises de plus de 50 salariés et 61% dans les petites entreprises). Maintenant qu’il existe des tests salivaires fiables, certaines entreprises les utilisent afin de juger si un salarié occupé à un poste de sécurité peut prendre son travail sans mettre en danger sa vie ou celle d’autrui. Si la possession et l’usage de drogues illicites sont pénalement sanctionnés, l’idée est de mettre en place avec la participation des services de santé au travail, des politiques de prévention, plus efficaces à terme qu’un dispositif exclusivement disciplinaire.
En cas d’alcoolisation sur le lieu de travail, il est impératif de faire cesser la consommation, de procéder éventuellement à un éthylotest. En cas d’état ébrieux, il faut protéger l’agent et l’évacuer sur avis médical. Il convient ensuite de tracer l’évènement, de réaliser un entretien managérial et de sanctionner pour transgression des règles de consommation. Certaines entreprises ne transigent pas avec alcool et drogues. Il en est ainsi du groupe GCA qui cultive des valeurs reposant sur la performance, la sécurité des biens et des personnes et de développement durable et qui maintient pour ce faire, une tolérance zéro vis-à-vis de l’alcool et de la drogue.
Le CCNE (Comité consultatif national d’éthique) recommande aux entreprises de définir un ensemble de postes et de fonctions de sûreté et de sécurité pour lesquels le dépistage peut être réalisé par l’employeur d’une façon "éthiquement acceptable ". Ces postes seront définis entreprise par entreprise, en concertation avec les organisations syndicales, le CHSCT et les services de santé au travail. Sera ensuite complété le règlement intérieur.
En entreprise, attention à la communication, l’information ou les notes de rappel qui peuvent dépasser l’objectif souhaité surtout quand la presse s’en mêle !
Une démarche de prévention doit suivre quatre principes : élaborer, manager, prévenir et aider ; le site www.preventionalcool.com peut apporter une aide.
(publié le 2 février 2012)