Addictions et conduites dopantes
Addiction tabagique

A. Dansou, B. Maino, E. Lemarié La Revue du Praticien, Médecine Générale, 2012, vol. 62, n° 6, pp.837-842 Bibliographie.

Le tabac est la drogue qui tue le plus dans le monde. En France, ce ne sont pas moins de 73 000 décès annuels qui sont imputables au tabac.
La prévalence en 2011 était de 31,8% chez les hommes et de 25,7% chez les femmes. Il est noté une augmentation récente du tabagisme (+ 1,8% du nombre des fumeurs entre 2005 à 2010), ciblant les femmes jeunes et les personnes en situation de précarité (1 chômeur sur 2 est fumeur).
Le tabac contient 2 000 substances mais 4 000 lors de la combustion. Le courant secondaire (celui qui est dégagé entre les bouffées et qui crée le tabagisme passif) est très toxique contenant par rapport au courant primaire (celui qui est produit pendant l’inspiration par le fumeur) 3 à 10 fois plus de monoxyde de carbone, 4 fois plus de nicotine et 4 fois plus de benzopyrène.
Les complications du tabagisme sont somatiques (cancers, maladies cardiovasculaires, respiratoires, ORL, thyroïdiennes, diminution de la fertilité, impuissance sexuelle, etc.) et thymiques (dépression, excitation, etc.)

Le parcours du fumeur passe par divers stades :

  • celui du déni ou de la "lune de miel" (le fumeur n’a aucune envie d’arrêter) ;
  • celui de la dissonance (le fumeur est indécis, il voudrait arrêter, mais... ;
  • celui de la préparation (où le fumeur anticipe la stratégie) ;
  • celui de l’action (le fumeur est dans l’arrêt) ;
  • celui du maintien de l’arrêt ou celui de la reprise qui ne ramènera jamais le fumeur à la "lune de miel".

La dépendance à la nicotine s’évalue à partir du test de Fagerström (6 questions).
La motivation à l’arrêt s’évalue à partit du test Q-MAT.
Le sevrage ne se conçoit pas sans la motivation.
Une aide pharmacologique peut être nécessaire :

  • sous forme de substituts nicotiniques (les patchs multiplient par 2, les chances de succès à 6 mois), qui n’ont d’autres contre-indications que les mineurs de moins de15 ans et les femmes allaitantes ;
  • sous forme de médicaments : la varénicline ou le bupropion (exceptionnellement utilisé actuellement).

Des thérapies comportementales et cognitives sont intéressantes pour anticiper et même prévenir les rechutes qui sont très fréquentes (50% dans les 6 mois).

(publié le 22 novembre 2012)