Bénéfices cardiovasculaires du sevrage tabagique

D. Thomas La Presse Médicale, 2009, vol.38, n°6, p.946-952. Bibliographie.
Responsable d’un décès cardiovasculaire sur 10 dans le monde, le tabagisme représente la plus importante cause de mortalité cardiovasculaire évitable. C’est un risque majeur parfaitement documenté par les données épidémiologiques : c’est le 2e facteur de risque d’infarctus du myocarde très près derrière les dyslipidémies. Il n’existe pas de seuil au-dessous duquel le risque de fumer est sans danger (même quelques cigarettes). Le risque est identique quel que soit le type de tabagisme. Le tabagisme est présent dans plus de 80% des cas d’infarctus du myocarde avant 45 ans et dans 58% des infarctus avant 55 ans. Il joue un rôle majeur dans la survenue et l’évolution de l’artériopathie oblitérante des membre inférieurs et intervient dans le risque de développer un anévrisme de l’aorte abdominale, une maladie de Buerger ou un accident vasculaire cérébral. Les mécanismes en cause sont essentiellement la thrombose et le spasme et sont rapidement réversibles. Il faut rechercher l’arrêt le plus précoce possible afin d’éviter les accidents coronaires des sujets jeunes. Différentes études montrent un gain d’espérance de vie très significatif pour les sujets qui arrêtent de fumer. Les bénéfices du sevrage tabagique sont confirmés à tous les stades de la maladie coronaire et il n’existe pas de mesure de prévention qui ait le meilleur rapport coût/bénéfice. Néanmoins il y a toujours de l’ordre de 25% de patients fumeurs à 6 mois après un syndrome coronaire aigu ou un geste de revascularisation coronaire. Il faut dès lors prendre en charge le fumeur et lui apporter une aide concrète, l’objectif étant un arrêt total et définitif du tabac (et non une simple réduction).
(publié le 14 décembre 2009)