Cannabis et sécurité routière

J-P. Goulé, M. Guerbet La Revue du Praticien, 20141, vol.64, pp.1044-1046, Références
Les progrès techniques de la culture du cannabis conduisent à une concentration en THC (delta -9-tétrahydrocannabinol) multipliée par 4 en 20 ans. Cette augmentation de la concentration en THC a un impact très important sur la pharmacocinétique, la pharmacologie et la toxicologie du cannabis. La durée de positivité des tests de dépistage du cannabis salivaire et urinaire devient plus importante, et l’élimination du THC sanguin est également plus lente avec des dosages sanguins qui peuvent demeurer positifs plusieurs jours.
Malgré l’épuration sanguine des cannabinoïdes actifs, l’action du toxique persiste du fait de sa séquestration dans les graisses dont le cerveau est richement doté.
Les effets engendrés à type de dégradation des performances par la drogue sont de ce fait susceptibles d’être durables, avec un impact évident sur la sécurité routière.
Les statistiques de 2012 de l’ONISR (Observatoire national interministériel de la sécurité routière) indiquaient que près de 500 personnes avaient été tuées dans un accident impliquant un conducteur ayant fait usage d’un stupéfiant.
Une méta-analyse récente des études épidémiologiques confirme le fait que conduire sous l’influence du cannabis multiplie au moins par 2 le risque d’accident avec blessures graves ou décès.
" Longtemps considérée à tort comme une drogue douce, ce stupéfiant illicite est désormais reconnu comme une drogue à cinétique lente.
Si l’on ne meurt pas du cannabis, il tue".
(publié le 16 février 2015)