Cannabis et troubles schizophréniques

C. Freydt, X. Laqueille Le Généraliste, 2010, N°2519, p.32
Selon une estimation de l’observatoire des drogues et des toxicomanies, il y a en France 1,2 million de consommateurs réguliers de cannabis et 500 000 consommateurs quotidiens. L’initiation se fait en moyenne à 15 ans.
Le cannabis augmente les troubles psychiques et est responsable d’ivresse cannabique, de troubles anxieux, de bouffées délirantes aiguës associées à des troubles du comportement auto- ou hétéro-agressifs, de syndrome amotivationnel avec indifférence affective, inhibition, pauvreté intellectuelle et ralentissement de la pensée.
En ce qui concerne la schizophrénie, le cannabis est un facteur de vulnérabilité et ce risque est proportionnel à l’augmentation de la consommation et à l’âge de début de consommation (inférieur à 15 ans). C’est dans le groupe des porteurs d’un génotype de la schizophrénie (10% de la population) que l’exposition au cannabis augmente le risque.
Les schizophrènes ont une consommation de cannabis environ six fois plus élevée que dans la population générale. S’agit-il d’une automédication visant à calmer l’angoisse ? S’agit-il d’une dysrégulation des systèmes de transmission cannabinoïde et dopaminergique qui interagissent de façon significative ?....
De fait, il est impératif de rechercher une consommation de cannabis chez un jeune présentant un premier épisode psychotique.
(publié le 27 avril 2010)