Cigarette électronique
Ne pas la recommander ni la diaboliser

D’après la communication de D. Thomas, lors du "forum Cardio-Diabète", CODIA, Paris, 10-11 février 2015 Le Quotidien du Médecin, 2015, n°9393, p.14
La cigarette électronique est largement utilisée et une enquête menée en novembre 2013 trouve un taux d’expérimentation de 18% chez les 15-75 ans avec un usage quotidien dans 3,3% des cas, soit 1,5 million de personnes concernées.
Les experts sont unanimes pour affirmer que la cigarette électronique est moins toxique que la cigarette car il n’y a ni tabac, ni combustion et qu’elle contient de 9 à 450 fois moins de substances toxiques.
Mais il persiste des inconnues, notamment en ce qui concerne les effets toxiques potentiels à long terme d’une inhalation prolongée ou l’impact de la surchauffe qui pourrait accroître les taux de formaldéhyde.
Deux études sont rassurantes en ce qui concerne les effets cardiovasculaires et il n’y aurait pas de modification de la circulation coronaire ou des paramètres écho-Dopler de la fonction ventriculaire gauche.
L’étude Cochrane conclut à l’absence de risque accru pour la santé avec deux ans de recul.
Sachant que la cigarette électronique ne présente pas une efficacité supérieure à celle des substituts nicotiniques, ne faudrait-il pas utiliser préférentiellement ce que l’on connaît déjà ?
Il convient néanmoins de ne pas décourager ceux qui utilisent la cigarette électronique dans un objectif de sevrage en leur rappelant qu’un sevrage complet des cigarettes est essentiel.
La prudence s’impose vis-à-vis du vapotage compulsif chez les patients coronariens ou insuffisants cardiaques du fait des possibles effets cathécolergiques (augmentation de la fréquence cardiaque, de la pression artérielle).
Au total, la cigarette électronique doit "être formellement déconseillée aux non -fumeurs, aux ex-fumeurs et ex-vapoteurs, ainsi qu’aux mineurs ".
(publié le 19 mars 2015)