Consommation de substances psychoactives par les marins : revue de la littérature

R. Pougnet, L. Pougnet, B. Loddé, L. Canals, V. Le Denmat, D. Lucas, J-D. Dewitte. Archives des maladies professionnelles et de l’environnement, 2015, vol. 76, N°3, pp. 255-261. Bibliographie
Une revue de la littérature concernant la consommation des substances psychoactives chez les marins entre 1993 et 2013 a été effectuée en trois langues : anglais, français et espagnol (la problématique de l’addiction chez les marins étant internationale).
16 articles ont été sélectionnés.
Cette étude montre une forte prévalence du tabagisme actif (63,1%) bien supérieure à celle des populations générales, française et américaine (respectivement 21,5% et 20,6%). Le tabac pourrait jouer le rôle de stimulant en réponse à des horaires de travail non physiologiques et à un temps de sommeil insuffisant, ou d’exutoire face à l’ennui à bord, ou d’anxiolytique face au stress professionnel et environnemental.
La consommation d’alcool selon les critères de l’OMS était de 14,5% alors qu’en France l’usage problématique d’alcool est présent pour 10% de la population. Le stress omniprésent, le risque de piraterie, etc.. augmentent le risque de devenir dépendant.
L’usage d’alcool à bord variait entre 10 et 30% selon les études, ce qui mérite réflexion car la prise d’alcool représente un facteur de risque d’accident mortel pour le marin.
La consommation de cannabis dans le mois précédent était de 3,3%, mais le cannabis est aussi dangereux à distance de la consommation en raison de l’effet de relargage.
L’usage de drogues illicites à bord a été peu étudié et touchait 3 % des marins. Peu d’études s’intéressaient à la consommation d’héroïne, de cocaïne ou d’autres SPA.
Selon les auteurs, il serait important de s’en préoccuper en raison de la présence à bord, d’importants risques professionnels.
(publié le 4 septembre 2015)