Enquête sur la consommation de substances psychoactives des femmes enceintes

F. Beck, J-B. Richard, A. Dumas, L. Simmat-Durant, S. Vandentorren La Santé en action, 2013, n°423, pp.5-7. Bibliographie
Il est bien admis que l’usage de substances psychoactives pendant la grossesse est délétère pour la santé de l’enfant à naître.
Lors d’enquêtes nommées "Baromètre Santé", enquêtes représentatives de l’ensemble de la population résidant en France, l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) a recueilli des données permettant une comparaison des femmes en cours de grossesse avec les femmes en âge de procréer mais non enceintes au moment de l’enquête.
Les femmes enceintes sont encore 24% à fumer quotidiennement (20% après le premier trimestre) contre 37% des femmes non enceintes. Elles sont 3% à fumer occasionnellement (contre 6% des femmes non enceintes).
Quant au cannabis, 3% des femmes enceintes déclarent en avoir fumé contre 8% des femmes non enceintes.
Vis-à-vis de l’alcool, les femmes enceintes ont pour 32% d’entre elles une consommation occasionnelle (contre 80% des femmes non enceintes). Si 3% boivent toutes les semaines, elles sont 29% à boire moins fréquemment et 60% des femmes qui consommaient de l’alcool ont cessé leur consommation dès la confirmation de leur grossesse et 75%, passé le premier trimestre de la grossesse.
Les facteurs de risque de consommation de substances psychoactives pendant la grossesse sont essentiellement une souffrance psychologique ou sociale mais aussi un faible niveau scolaire, de faibles revenus, le fait de vivre seule ou de se sentir stressée, triste.
Des mesures de prévention efficaces doivent être menées en particulier en direction des femmes en âge de procréer en situation de précarité, et notamment pour les femmes enceintes, à la faveur de l’entretien prénatal précoce qui offre un temps d’échange long avec une sage femme (dont beaucoup sont certifiées en alcoologie).
Pour ce qui est du tabac, les traitements de substitution nicotinique apparaissent comme des soutiens utiles mais leur efficacité est remise en question, du fait d’une mauvaise observance et de surcroît ils pourraient avoir des effets délétères jouant un rôle dans la pathogenèse des coliques du nourrisson.
(publié le 23 juillet 2013)